L’impossible limite de la FIV : la transgression sans fin

Publié le 18 Jan 2024
Présentée comme un progrès il y a quarante ans, la fécondation in vitro (FIV) a en réalité rendu définitivement inopérantes toute critique et toute limite posées à « l’usinage de l’humain ». Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Lejeune, explique la dérive prévisible et inexorable des techniques reproductives.

 

Le 3 janvier dernier est sorti le livre La Tyrannie de la reproduction de René Frydman, père de la fécondation in vitro (FIV). Ce dernier revient sur son expérience et pose la question de la limite à donner à la science lorsqu’il s’agit du désir d’enfant : « Tout ce qui est possible n’est pas souhaitable. » Selon vous, où faut-il placer cette limite ?

Après avoir fait exploser la notion de limite, il y a un demi-siècle, en s’érigeant en révolutionnaire de la reproduction, René Frydman voudrait maintenant passer pour un sage en réintroduisant la notion de limite. Mais cela ne marche pas comme ça. La FIV viole le principe de l’union indissociable entre la sexualité et la reproduction. Une fois qu’un principe est violé, il n’y a plus de limite qui tienne. Les limites incantatoires et arbitraires de ceux qui ont contribué à les abattre sont faites pour être transgressées. L’expérience montre que « la contraception, qui est faire l’amour sans faire l’enfant », et « la fécondation in vitro, qui est faire l’enfant sans faire l’amour », sont les deux faces d’une même médaille. Or la sexualité détachée de sa finalité, et réduite à une activité récréative, devient folle. Et l’industrie procréatique détachée de son fait générateur, et promue activité lucrative, devient folle aussi. Cette dissociation a été présentée, il y a quarante ans, comme un progrès de la médecine. En réalité, la fécondation in vitro est une transposition à l’espèce humaine d’une technique qui était déjà pratiquée de longue date chez l’animal. Elle n’est en rien un progrès de la médecine dans la mesure où elle ne soigne ni ne guérit de la stérilité ou de l’infécondité mais ne fait que la contourner. En revanche, faire fabriquer des enfants en éprouvette, avec un cahier des charges de plus en plus exigeant, pour répondre à des demandes tous azimuts, est un basculement anthropologique dans une logique transhumaniste qui rend vaine la notion de limite.  

La première FIV a été accomplie en 1982 et l’obsession d’enfant s’est accrue depuis. Quelles sont les dérives observées dans le domaine…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Maitena Urbistondoy

Ce contenu pourrait vous intéresser

SociétéÉducation

Les Français plébiscitent le chèque scolaire

À l’approche des élections présidentielles, la Fondation pour l’école a rendu public un sondage Ifop sur les attentes des Français en matière d’organisation scolaire, de liberté de choix et d’accompagnement des familles. Son directeur, Michel Valadier, souligne l’importance de porter ces questions dans le débat public.

+

chèque scolaire fondation pour l'école
Société

Commentaires sur Internet : une avancée démocratique ?

Dans un ouvrage récent, l'essayiste Mara Goyet offre le décryptage d'une tendance contemporaine : commenter les produits, services et toutes sortes d'expériences de la vie quotidienne. S'agit-il d'une nouvelle forme de communication, du désir d'aider les autres, d'une volonté de puissance ou d'une thérapie ?

+

commentaire
SociétéBioéthique

Transgenrisme (3/4) : Soigner à la française les mineurs tourmentés

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | Christian Flavigny, pédopsychiatre français, a vu venir de loin ce mouvement d’embrasement de la théorie du Genre et s’attache, depuis 2012, à en contrer les ravages chez les mineurs. La manifestation de ce qu’on appelle « dysphorie de Genre », chez l’enfant, est un tourment auquel la psychologie, telle qu’elle est pratiquée en France, peut et doit apporter son aide.

+

transgenrisme genre mineur