La joséphologie est-elle un simple passe-temps ?

Publié le 20 Sep 2017
La joséphologie  est-elle un simple passe-temps ? L'Homme Nouveau

Le Frère Dominique Joseph, de la Famille de Saint Joseph, directeur de l’Institut Redemptoris Custos, centre de recherche théologique sur saint Joseph, interviendra au XIIe symposium international de joséphologie. Il en souligne l’importance.

Saint Joseph fait son entrée à l’Université…

Fr. Dominique Joseph : En effet, fruit de la collaboration entre l’Institut Saint-Jean-de-la-Croix et la Faculté de théologie de Toulouse, je dispenserai cette année le premier cours de joséphologie. C’est une première en France. La mariologie fait partie des programmes depuis longtemps, mais la joséphologie n’a pas encore acquis ses lettres de noblesse en milieu universitaire.

Voulez-vous dire que les universitaires ne s’intéressent pas à saint Joseph ?

Non, certainement pas. Plusieurs d’entre eux, pas seulement en France, ont perçu l’importance d’élaborer un discours théologique approfondi sur saint Joseph. Je pense d’abord au cardinal Ratzinger qui déclarait (c’était dans un discours donné en 1986 il me semble ; je ­cite de mémoire) que la théologie de Nazareth était à faire et qu’elle est nécessaire à l’Église : « L’Église ne peut croître et prospérer si elle ignore que ses racines cachées plongent dans l’atmosphère de Nazareth. (…) C’est toujours en revenant à ce point de départ que l’Église doit se régénérer. » Il faut aussi se rappeler le Père Gauthier, du Mont-Royal au Québec, pionnier de la recherche universitaire contemporaine. Il a fondé une bibliothèque incomparable et a fait un travail de recension unique. Le Père Stramare a enseigné la joséphologie pendant trente ans au Marianum à Rome. En France, le Père Joseph-Marie Verlinde est assurément le plus fécond. Ces exemples restent cependant exceptionnels.

Cette reconnaissance ­viendra-t-elle ? La mariologie ne suffit-elle pas ? Pourquoi la joséphologie ?

Je crois reconnaître dans votre question deux tendances répandues. La première est sceptique, elle réduit souvent la joséphologie à un passe-temps pour universitaires retraités. Lors du prochain symposium international, que nous organisons à Saint-­Joseph de Mont-Rouge, la moitié des conférenciers a moins de 50 ans ! Cela va de Paul Payan, historien d’Avignon, au fr. Philippe Lefebvre, op, de Fribourg, en passant par le fr. Élie Ayroulet et moi-même, de la Famille de Saint Joseph. La place de saint Joseph est unique : la Sainte Vierge elle-même le présente à ­Jésus comme son père (Lc 2, 48). Cet argument seul suffirait à motiver la recherche théologique. Mais il faut aussi considérer la piété populaire : saint Joseph est très aimé, partout. On entend souvent : « Je prie saint Jo­seph tous les soirs comme ma grand-­mère me l’a appris, mais je ne le connais pas vraiment. » La joséphologie est une réponse aux aspirations spirituelles du peuple de Dieu de mieux connaître celui que nous aimons.

Une deuxième tendance voudrait réduire la joséphologie à un miroir de la mariologie. Partout où je suis amené à parler de saint Joseph, deux questions surgissent immanquablement : qu’en est-il de l’immaculée conception et de l’assomption de saint Joseph ? Certes, ces questions ne manquent pas d’intérêt, mais il me semble qu’elles illustrent combien on imagine la théologie de saint Joseph en adaptant le plan du cours de mariologie. On tente de dire de Joseph ce que l’on dit déjà de Marie, en transposant. Peut-être parce qu’aujourd’hui on voudrait que dans un couple les parents soient interchangeables. Mais Marie et Joseph ne sont pas des faux jumeaux, ils sont mari et femme, différents et complémentaires. La place de saint Joseph dans l’économie du salut est unique et incomparable, elle nécessite une approche ajustée.

Donc, pour répondre à votre question : oui, la joséphologie est importante et je ne doute pas qu’elle sera largement reconnue. Marthe Robin l’affirmait : saint Joseph est le saint du XXIe siècle. Il ne tient qu’à nous de nous y intéresser.

Cela explique l’organisation du symposium international. Cependant, on ne sait pas très bien ce que sera cette rencontre.

Elle sera autant un rendez-vous de formation qu’un temps fort pour la prière et la vie fraternelle. Nous sommes très honorés de la présidence du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, de Mgr Sako, patriarche syriaque des Chaldéens, et de Mgr Carré, archevêque de Montpellier.

Les matinées seront consacrées à la recherche universitaire. Des évêques et des experts présenteront le fruit de leur expérience et de leurs recherches. Nous entendrons par exemple les conférences de Mgr Barbarin, de Mgr Batut, de Mgr Léonard, du Père Stramare, directeur du Mouvement joséphin international. Des temps d’échange permettront de les interroger et d’approfondir leur enseignement.

L’après-midi, des ateliers sont proposés, animés par des représentants des Centres de recherches des pays participants. Ces communications sont plus courtes, moins techniques que les conférences du matin, et toujours suivies d’un temps de discussion. Chacun pourra ainsi construire son propre itinéraire : iconographie, mariage, paternité, éducation, vie familiale, etc., les champs de la recherche sont nombreux, chacun trouvera des exposés liés à ses centres d’intérêt.

Les réunions internationales sont toujours l’occasion de belles rencontres. Nous avons veillé à ce que les temps de fraternité constituent la structure véritable du symposium, ils donnent leur sens aux enseignements et sa richesse au rassemblement. Tout est organisé pour faciliter les échanges et partager ensemble la joie d’être unis autour de saint Joseph. Concerts, repas folkloriques, spectacles… le symposium peut s’apprécier en famille. Sainte Thérèse de Lisieux l’a bien compris, qui s’est invitée toute la semaine avec ses parents. Une soirée sera ainsi consacrée à la vénération des reliques des saints Louis, Zélie et Thérèse. Cette visite providentielle (nous ne l’avions pas programmée) est pleine de sens : petit bébé, sainte Thérèse a été sauvée par saint Joseph. Sans lui, l’Église n’aurait jamais connu cette sainte hors normes ! Nous prendrons le temps de nous le rappeler et de rendre grâce.

Le programme est attrayant, mais fin septembre, la rentrée aura été faite, on ne peut pas se libérer facilement.

Les dates ont été choisies par le comité international de manière à satisfaire au mieux les contraintes de chaque pays, mais je ne crois pas qu’elles représentent un empêchement. Ceux qui ne peuvent pas venir toute la semaine choisiront de passer une journée avec nous, ou bien ils ne viendront que pour les soirées conviviales. Toutes les formules sont possibles. Le programme complet est disponible sur le site internet du symposium.

Nous vous attendons nombreux. Partout dans le monde bourgeonnent des initiatives pour conduire le peuple de Dieu à Jésus par Joseph, la France n’est pas en reste. Le symposium est organisé dans notre pays pour la première fois en cinquante ans d’histoire de ces rencontres ; il est ainsi l’occasion idéale pour montrer la vitalité des amis de saint Joseph français et pour nous enrichir de l’expérience des autres. Les inscriptions sont ouvertes !         

Le XIIe symposium international sur saint Joseph aura lieu du 26 au 29 septembre à Puimisson. Y seront présents notamment le cardinal Barbarin, Mgr Batut, Mgr Sako, Mgr Léonard. Conférences et ateliers se succéderont. Pour s’inscrire : Centre spirituel Saint-Joseph du Mont-Rouge, 20, rue du château d’eau, 34480 Puimisson. Tél. : 04 67 36 07 85 – 2017.fsj.fr

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