La liberté scolaire menacée

Publié le 27 Jan 2014
La liberté scolaire menacée L'Homme Nouveau

Sur le Blog de la liberté scolaire, nous lisons un article d’Anne Coffinier, directeur général de la Fondation pour l’école, alertant les lecteurs sur une proposition de loi déposée par des sénateurs Ump visant à interdire l’école à domicile et, par voie de conséquence l’enseignement à distance.

Un autre élu Ump, Georges Fenech, s’était déjà illustré dans la lutte contre la liberté scolaire, en voulant interdire l’enseignement à domicile. À nouveau, le plat de la lutte contre les familles et leur libre choix de la scolarité de leurs enfants, est remis en avant. 

Comme l’écrit avec justesse Anne Coffinier : 

Cette proposition de loi repose bien plutôt sur une suspicion de principe à l’égard des parents et une idéalisation irréaliste de l’Etat éducateur. Vu les résultats académiques de l’Education nationale en France, c’est quand même hautement paradoxal.

Sur quel argument la nouvelle offensive contre la liberté scolaire repose-t-elle ? À vrai dire, toujours le même : le risque d’un manque de socialisation (quand on voit la violence à l’école et les émeutes attribuées à des « jeunes », on se dit qu’effectivement le système scolaire français est une grande et véritable réussite en matière de socialisation…) et le risque de dérives sectaires. Citons, à nouveau, Anne Coffinier : 

Le prétexte invoqué est d’assurer la socialisation des enfants. Il ne tient pas. Les études américaines montrent que les enfants ayant étudié à la maison sont au moins aussi doués pour les relations sociales que les autres. Le  fort développement actuel de la pathologie intitulée la phobie scolaire montre a contrario que l’école peut être une cause directe de désocialisation.

Concernant les possibles dérives sectaires – outre qu’il faudrait préciser exactement de quoi il s’agit tant la notion est ouverte à de multiples manipulations de la part de certaines sectes et officines jamais mises en cause –, il existe déjà des lois qui permettent d’y répondre. Ajoutons d’ailleurs que la scolarisation à domicile ainsi que l’enseignement par correspondance sont déjà fortement contrôlés en France et qu’une loi supplémentaire ne viserait qu’à réduire toujours davantage la liberté des parents, au-delà même de leurs choix scolaires. Comme l’écrit Anne Coffinier : 

ll nous semble aussi que cette proposition découle d’une vision faisant primer la fonction politique de l’école (qui serait d’assurer le vivre ensemble et une égalitarisation de la société, même si cela doit se faire par un nivellement par le bas) sur sa mission classique  qui est tout simplement d’instruire. Les parents sont attachés à cette conception traditionnelle de l’école – transmettre des connaissances – et sont en profond décalage avec les élites politiques qui, sous l’influence des sciences de l’éducation,  sont surtout préoccupées d’instrumentalisation de l’école  à des fins politiques : faire advenir un homme nouveau,  qui ne soit  surtout pas un héritier, mais bien plutôt un citoyen arraché à tous les « déterminismes » sociaux, familiaux, culturels, religieux suite à l’action de l’Etat.

Une pétition circule actuellement pour protester contre cette menace et montrer qu’il est hors de question pour les parents et les familles, recourant ou non à l’instruction à domicile et/ou à l’enseignement par correspondance, de laisser l’un des derniers pans de leur liberté, liée à leur devoir de parents, disparaître, comme aux plus beaux jours des totalitarismes national-socialiste ou communiste. Il n’est pas interdit également de prendre contact avec les élus de sa région en leur demandant leur avis sur la question et en faisant peser la menace d’un vote sanction. 

 Là aussi, là encore, ne lâchons rien : 

https://secure.avaaz.org/fr/petition/SENAT_Lannulation_de_la_proposition_de_loi_visant_a_limiter_le_droit_de_lief/?cjqNHfb

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéÉducation

Exclure les enfants, c’est exclure l’avenir ! 

Entretien | Présidente de la Confédération des Associations familiales catholiques, Pascale Morinière, médecin et mère de famille, réagit au choix de la SNCF de mettre en place des wagons sans enfants et analyse sa signification pour la société française  pourtant confrontée à un effondrement démographique.

+

enfants sncf
À la uneSociété

À propos d’une rumeur…

L’Essentiel de Joël Hautebert | La rumeur de la création d'un Haut-Commissariat à la diversité a soulevé des réactions hostiles mais aussi démontré la volonté toujours affirmée de dissoudre la France. Heureusement, une conception française de la diversité est possible et s'enracine dans notre histoire, notre géographie et notre culture.

+

multiculturalisme rumeur
Société

« Nous entrons dans une phase de dépopulation »

Entretien | Pour la première fois depuis 1945, la population française atteint un solde négatif, avec 651 000 décès pour 645 000 naissances, et un indice conjoncturel de fécondité (ICF) à 1,56 enfant par femme. Économiste et spécialiste des questions familiales, le professeur Jean-Didier Lecaillon décrit les causes de cette situation et indique les moyens d’en sortir. 

+

dépopulation démographie natalité famille
SociétéBioéthique

Vers une révision des lois de bioéthique

Le 21 janvier dernier se sont ouverts les États généraux de la Bioéthique en France. Cette vaste « réflexion collective », menée par le Comité consultatif national d’Éthique (CCNE) en métropole et en outre-mer, doit permettre d’éclairer les législateurs pour une révision prochaine de la loi de bioéthique, à l'horizon 2028. 

+

bioéthique
SociétéFin de vie

Euthanasie : les Ehpad catholiques en danger

Alors que la Sénat a rejeté le 21 janvier dernier le principe de la mort volontaire et a voté le 28 janvier la loi sur les soins palliatifs, la menace n'est pas écartée. Si l'Assemblée nationale revient sur son texte initial de mai 2025, la situation sera invivable pour les établissements refusant de pratiquer l’euthanasie. Le combat n'est pas fini pour le respect du droit à la vie.

+

euthanasie