La Ligne Azur, disparue en plein débat sur le gender, a réapparu en version épurée. Notre enquête.

Publié le 05 Fév 2014
La Ligne Azur, disparue en plein débat sur le gender, a réapparu en version épurée. Notre enquête. L'Homme Nouveau

Alors que le gouvernement nie toute propagande étatique en faveur de la théorie du Genre, et jusqu’à l’existence même de celle-ci, le support Internet de la Ligne Azur est soutenu par le ministère de l’Éducation nationale. La Ligne Azur ? L’Homme Nouveau, dans son numéro du 16 février 2013, avait enquêté sur le sujet. Un article bien utile à relire aujourd’hui. Le voici. 

Un nom faussement enchanteur

Ligne Azur, au-delà du nom faussement enchanteur, est un site internet et une ligne d’écoute consacrés aux problèmes d’orientation sexuelle. Nous avons enquêté afin d’en savoir un peu plus sur cette association mandatée par l’Éducation nationale pour « lutter contre l’homophobie »…

« C’est normal de se poser des questions sur sa sexualité. » Les écoutants du service téléphonique Ligne Azur martèlent cette phrase qui voudrait en quelques mots justifier et normaliser toutes les inquiétudes, les envies, tous les actes aussi de ceux qui appellent pour se confier. Créé en 1997, Ligne Azur, un service de Sida Info Service, est tout à la fois un site internet et une ligne d’écoute qui propose une aide pour toute personne, âges et sexes confondus, s’interrogeant sur sa « santé sexuelle », soit l’orientation, l’identité et même les pratiques sexuelles, principalement l’homosexualité. En quoi consiste l’éducation à la sexualité telle qu’elle est dispensée par la société, avec parfois la bénédiction du gouvernement, spécialement de l’Éducation nationale ? Nous avons pris contact avec Ligne Azur à travers plusieurs scénarios pour en savoir un peu plus.

Allo, Ligne Azur ?

« Je crois que j’ai des sentiments pour ma meilleure amie et c’est réciproque, mais je ne sais pas si je suis lesbienne. Je n’ose en parler ni à ma famille ni à mes proches. » C’était là le cas simple d’une jeune fille de 15 ans. Au bout du fil, une femme prend soin d’écouter attentivement toute l’histoire avant de la reformuler en quelques mots puis d’oser un conseil : « Vous n’avez que 15 ans, c’est mieux de garder ça pour vous, c’est votre intimité, cela ne regarde pas vos parents, je ne pense pas que ce soit la bonne chose à faire. » Ainsi, lorsqu’un jeune est confronté à une frustration intérieure telle que l’homosexualité, Ligne Azur conseille le silence, sauf si les parents sont manifestement ouverts à n’importe quelle orientation sexuelle. Celle-ci relève du « choix personnel », et il ne faudrait pas que les parents puissent éduquer leurs enfants à une sexualité saine et naturelle, ni leur inculquer des principes contraires à leur volonté.

Des conseils trompeurs

Le cas, plus original, d’une jeune fille amoureuse de sa cousine germaine, était aussi instructif à plusieurs égards. « Si l’on souhaite se marier entre cousins germains, il n’y a aucun problème, c’est tout à fait conforme aux bonnes mœurs et à la loi, ce sont les us et coutumes français. » Quant au fait qu’il s’agisse de deux femmes, l’écoutant s’est montré confiant : « La loi va passer, ce n’est pas parce qu’il y a eu un million de catholiques extrémistes qui se sont opposés, comme cela arrive deux fois par décennie, que la majorité des Français n’est pas en faveur de ce projet de loi. » Le service Ligne Azur, sous couvert de lutte active contre l’homophobie et la discrimination en milieu scolaire, entend en réalité faire de l’homosexualité une norme.

Autre scénario, le cas d’une jeune femme de 22 ans, en couple avec un homme depuis deux ans mais attirée par une amie lesbienne… Elle ne sait qui choisir entre les deux, lesquels lui ont précisé qu’ils n’étaient pas favorables au « plan à trois ». « Vous êtes bien jeune pour penser rester avec la même personne toute la vie. C’est normal d’être attiré par les femmes comme par les hommes. Peut-être qu’il faudrait cacher à votre compagnon votre relation avec votre amie pour pouvoir vous épanouir avec les deux », conseille l’écoutante. Peu importe l’acte choisi, ce qui compte c’est que la personne se sente bien. Il n’est en aucun cas question de morale, même la plus élémentaire confiance, base d’une relation, est foulée au pied.

Des « pros » déformés

L’équipe de Ligue Azur est formée de professionnels qui valorisent une sexualité assumée, rassurent les personnes sans jugement moral. En réalité, les communicants parlent très peu, et laissent l’intéressé raconter sa situation, son ressenti, ses états d’âme, ses doutes. Le site propose aussi de nombreux témoignages personnels qui montrent à quel point il est naturel de se demander si l’on n’est pas homosexuel ou bisexuel, et surtout que l’hétérosexualité n’est pas une norme.

Pour la troisième année consécutive, le ministère de l’Éducation nationale soutient le dispositif Ligne Azur afin de sensibiliser les élèves et de leur procurer des outils d’aide et d’accompagnement contre le rejet de la différence et l’homophobie. Dans cette optique, de nombreuses associations de lutte contre les discriminations ont été mandatées par l’Éducation nationale afin de relayer les enseignants : « Contact » est une association qui cherche à pousser les jeunes à soutenir les mouvements gays, lesbiens et bisexuels, pour « lutter contre les discriminations » et « accepter l’orientation sexuelle de leurs proches ». « Estim’ » intervient auprès des jeunes pour les aider à « assumer leur sexualité, leurs différences et accepter celles des autres ». « SOS Homophobie » est aussi très actif dans cette campagne qui en réalité veut imposer l’homosexualité et la bisexualité dans notre société considérée comme « archaïque ».

Dans les écoles et les lycées, l’État a mis en place des supports pédagogiques comme le e-learning afin de promouvoir l’égalité dans l’éducation et faire prendre conscience des stéréotypes et des préjugés dans l’éducation. Mais le ministère de l’Éducation nationale va bien plus loin pour imposer son idéologie en soutenant l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) qui avait diffusé en 2011 une brochure absolument scandaleuse au titre évocateur : « Tomber la culotte ! »… 40 pages pour informer les femmes, au moyen de photographies et d’illustrations explicites, sur leur sexualité. La décence veut que l’on n’en pousse pas plus loin la description. « C’est une brochure d’information, de conseils, de témoignages et de ressources pour s’informer, s’affirmer, s’amuser et prendre soin de soi quand on est une femme qui a des rapports sexuels avec des femmes. » 40 pages dont certaines sont, sinon pornographiques, en tout cas largement érotiques, et en téléchargement libre, soit accessibles même aux plus jeunes…

En ce début d’année, Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, a réaffirmé, par une lettre adressée aux recteurs, sa volonté d’accorder une place déterminante dans l’espace scolaire à l’éducation relative à la sexualité, la santé reproductive, l’orientation et l’identité sexuelles :

« Le gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités ».

Peu d’écoles, parmi celles financées par l’État, échapperont à cette propagande impudique et subversive, car le ministre a appelé les recteurs à être vigilants quant à l’application de ces mesures, et à dénoncer les établissements ou les personnels qui ne mettraient pas en œuvre avec enthousiasme « l’éducation à la sexualité dans tous les milieux scolaires et ce, dès le plus jeune âge ». Dans cette lettre, Vincent Peillon insiste sur l’importance de « relayer avec la plus grande énergie la campagne d’information de la “ligne azur” ».

Un enseignement neutre ?

Il est urgent de s’interroger sur le rôle de ­l’État en matière d’éducation, notamment sexuelle, supposée neutre et respectueuse non seulement du droit des parents à être les premiers éducateurs de leurs enfants, mais aussi du droit des enfants à être protégés de la pornographie. Heureusement, certaines associations se battent pour conserver ces droits fondamentaux et dénoncent ces décisions qui portent atteinte à la liberté de conscience à l’école et à celle des parents dans l’éducation de leurs enfants. Ainsi, la Confédération nationale des Associations familiales catholiques (CNAFC) a récemment écrit au ministre de l’Éducation à propos des nouveaux programmes de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) en classe de première ES et L, et a engagé des actions pour s’assurer du principe de neutralité en milieu scolaire.

Lavage de cerveau

L’éducation sexuelle relève-t-elle de la sphère privée ? Faut-il aborder la question de la sexualité sur le même plan que celui de la santé ? Alors que le niveau scolaire est en chute libre, le ministère de l’Éducation nationale met toute son énergie et ses ressources dans la lutte contre la discrimination et la promotion d’une sexualité prétendument libre, pour l’égalité absolue entre filles et garçons et la déconstruction des « stéréotypes » du genre. C’est ainsi que se multiplient des campagnes contre la discrimination et pour la contraception. Et les parents dans tout ça ? Normalement leur confiance dans l’école tient notamment au respect des principes fixés dans le Code de l’Éducation :

« respect de la personnalité de l’enfant et de l’action éducative des familles » (art. L. 111-2). « L’État assure aux enfants et adolescents dans les établissements publics d’enseignement la possibilité de recevoir un enseignement conforme à leurs aptitudes dans un égal respect de toutes les croyances » (art. L. 141-2.)

En réalité, c’est à un véritable lavage de cerveau que sont soumis les enfants, dans la plus parfaite indifférence à l’autorité parentale…

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