La mission ne peut pas se faire sans louer Dieu

Publié le 21 Sep 2019
La mission ne peut pas se faire sans louer Dieu L'Homme Nouveau

Durant son voyage africain, après le Mozambique, le Pape a visité Madagascar, ancienne colonie française et non portugaise, mais qui connut aussi une forte persécution marxiste. Comme dans beaucoup de pays persécutés, l’Église est plutôt florissante, même si des problèmes graves et urgents demeurent encore. La mission se poursuit et les ouvriers, quoique en petit nombre, continuent à témoigner. Madagascar, comme toutes ces jeunes églises, illustre parfaitement les mots de Paul VI dans Evangelii nuntiandi : « Le monde n’a pas besoin de maîtres, mais de témoins et, s’il a recours aux maîtres, c’est parce qu’ils sont d’abord des témoins ». L’action de grâces du pape François en quittant ce pays se ressent certainement de cette parole de son prédécesseur. On le perçoit particulièrement dans le discours qu’il prononça devant les prêtres et les religieux le 8 septembre à Antananarivo, texte que nous allons commenter.

Le Pape commence par prier pour tous les absents, tous ceux qui n’ont pu venir en raison de la maladie ou du poids des ans. Comme l’écrivait Dom Guéranger au début de son Année Liturgique : « La prière est le premier des biens ». Dans la même ligne, saint Alphonse disait que « celui qui ne prie pas se damne ». Tous les évêques missionnaires (et Madagascar n’y a pas échappé) pensaient qu’une mission n’était achevée que lorsque des moines et des moniales étaient arrivés dans un diocèse. La prière dilate nos cœurs qu’elle ouvre à la louange et à la joie. « Un saint triste est un triste saint ». Nous devons donc être des témoins de la joie de l’Évangile, mais sans jamais oublier que nous sommes aussi des héritiers. Depuis les Apôtres, une longue chaîne de tradition s’est instaurée et nous ne sommes que des maillons de cette chaîne, des maillons qui sont et seront toujours des serviteurs inutiles et pourtant indispensables. Madagascar a eu aussi ses racines : le Pape se contente de citer des groupes qui ont semé la graine de l’Évangile dans l’île. Beaucoup furent d’ailleurs des martyrs. Ainsi le Père jésuite Jacques Berthieu, auvergnat canonisé par Paul VI et qui se dépensa sans compter pour l’Évangile en cette île de l’Océan indien qu’il irrigua de son sang en 1896.

On comprend alors pourquoi les paroles mêmes de Jésus ont jailli du cœur du Pape : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame votre louange : ce que vous avez caché aux sages et aux savants, vous l’avez révélé aux tout-petits ». Cette prière est une louange, mais elle est aussi une invitation à sortir : sortir de soi, pour aller aux autres. Le trésor de l’Évangile ne se garde pas pour soi, il faut l’annoncer. Sortir, c’est la consigne que Dieu avait déjà donnée à Abraham. Sortir, même si les conditions que l’on doit trouver se révèlent difficiles. Celles-ci étaient encore nombreuses pour les missionnaires qui n’ont connu ni l’avion, ni à plus forte raison internet. Au verbe « sortir », il faut savoir associer le verbe rester : Rester là où le Seigneur nous veut, se souvenant toujours de la parole de saint Paul : « J’ai semé, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui donne la croissance ». C’est ce qu’a bien compris sœur Suzanne citée par le Pape : « Malgré nos misères et nos faiblesses, nous nous engageons de tout notre être dans la grande mission d’évangélisation ». Mission d’autant moins aisée que Satan est partout pour semer l’ivraie. Que Marie nous fasse comprendre que cet appel missionnaire vaut pour tous, que la lutte est surhumaine, mais qu’avec Celle qui triompha de Satan, tout est possible. Le pouvoir de Satan est énorme, celui de Marie l’est plus encore.

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