La Onzième Heure [9/9]

Publié le 25 Août 2018
La Onzième Heure [9/9] L'Homme Nouveau

Alors qu’il s’apprêtait à remonter vers le métro, il entendit des cris glaçants de l’autre côté de l’arche du pont, ceux d’une jeune femme qui hurlait de terreur. Il ne distinguait que trois formes, entendit aussi des voix d’hommes, des rires et des insultes. Qu’allait-il faire ? Rentrer chez lui en tentant d’oublier ce qu’il avait perçu ? Aller chercher une aide hypothétique ? Un nouveau cri emporta sa décision, il ramassa un lourd morceau de planche qui traînait à l’entrée de l’arche et courut vers le groupe sans plus réfléchir : il fallait que cela cesse. le trio de barbares ne se méfiait de rien, habitués à l’impunité, ils ne cherchaient même pas à être silencieux. Leur chef (?) tournait le dos à l’étudiant. Il avait posé sa machette, était en train de baisser son pantalon en ricanant, ses complices tenaient leur proie, très occupés à la faire taire et à l’insulter en attendant que leur tour vienne. Les forces décuplées par la colère, Antoine abattit le tranchant de sa planche sur le crâne du premier qui s’écroula sans un cri, ses deux acolytes lâchèrent alors la femme qui s’enfuit. Curieusement, ils souriaient, jouant l’un avec sa machette, l’autre avec un couteau, l’état de leur complice et la fuite de leur proie du jour semblaient compensés par la perspective d’un meurtre facile. L’étudiant fit face, sans illusion sur l’issue du combat mais heureux d’avoir vu la jeune femme s’évader, heureux et fier de combattre.

Quand la police arriva, deux ombres disparaissaient dans le lointain, deux corps gisaient sous le pont. « Le gars en slip s’en tirera, dit l’agent, l’autre respire encore mais plus beaucoup. Tiens !, on dirait qu’il veut parler. » S’approchant plus près d’Antoine, il ajouta :

« Il demande un prêtre, brigadier. 

– Un prêtre ? ! Pourquoi pas le pape, on n’est plus au moyen âge !, répondit l’autre, j’appelle l’ambulance. » Le silence s’installa entre les deux hommes.

« – Ah ! C’est trop tard pour lui, il est mort maintenant, reprit l’agent tristement.

– Tu m’étonnes ! Saigné comme il l’a été ! Pauvre garçon. Pour sûr, qu’il s’est battu comme… comme un lion.

– Brigadier, venez voir, c’est drôle… il sourit. » 

Lire l’épisode précédent

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureHistoire

Saint Louis (5/8) : Un roi au service du bien commun

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Saint Louis aurait pu être un homme pieux mais médiocre souverain, un excellent chef doublé d’un triste mécréant. Il ne fut ni l’un ni l’autre. En travaillant à l’héroïcité de ses vertus, il a magnifié ses dispositions profanes, transcendant ses qualités de dirigeant. Entretien avec François-Régis Legrier, professeur de géopolitique, auteur de Saint Louis, modèle des chefs d'État (Via Romana).

+

saint louis bien commun justice chef
À la uneCultureArt et Patrimoine

Une petite-fille de Velázquez ?

Analyse d’œuvre | L'exposition en cours au musée Jacquemart-André propose au public des chefs-d’œuvre de la peinture baroque espagnole, parmi lesquels un portrait d'enfant dans un style qui tranche avec les ceux qui rendirent si célèbre Velázquez, le maître du Siglo de Oro, auprès des cours européennes.

+

Velázquez
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (4/8) : Blanche & Marguerite, deux reines au chevet du royaume

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Dans l'ombre et la lumière du règne de saint Louis, deux figures féminines s'imposent : Blanche de Castille, mère dévouée et reine de fer, et Marguerite de Provence, reine pieuse et épouse fidèle. À travers leurs influences respectives, se lit l'équilibre singulier d'une royauté en acte, structurée par la foi chrétienne.

+

saint louis blanche de castille marguerite de Provence