La prière eucharistique mystère d’action de grâce

Publié le 20 Mar 2018
La prière eucharistique mystère d'action de grâce L'Homme Nouveau

Lors de la dernière audience générale, le Pape a parlé de la prière eucharistique qui suit immédiatement l’offertoire ou préparation des dons qui se termine par l’oraison sur les offrandes. Cette grande prière commence par un dialogue solennel entre le prêtre qui seul peut réciter la prière eucharistique, et le peuple, tous orientés vers la Croix, comme pour annoncer le grand mystère qui va se dérouler devant nos yeux. En effet, et il faut le rappeler en raison des nombreuses déviations d’après le Concile, « aller à la messe, c’est aller au Calvaire, pour y rencontrer son Rédempteur ». Pour nous faire entrer dans le cœur de la messe et permettre que nous nous associions le mieux possible au sacrifice de notre salut, le dialogue de la Préface nous place dans les meilleures dispositions. Le Pape insiste d’abord sur la présence du Seigneur parmi nous. Profitons-en pour rappeler, avec Paul VI et Mysterium fidei, qu’il y a plusieurs présences du Christ parmi nous, mais que la présence eucharistique est la présence par antonomase, car elle est vraie, réelle et substantielle. Par le miracle de la transsubstantiation, le Christ est réellement présent dans le pain et dans le vin, en son corps, son sang, son âme et sa divinité. Puis c’est la grande invitation à élever nos cœurs : Sursum corda, suivi d’une invitation à rendre grâce toujours et partout. Il faut insister sur ce point qui contrarie beaucoup la mentalité moderne si individualiste qui ne sait plus dire merci. Ce qui est déjà vrai dans l’ordre naturel et social, l’est plus encore dans l’ordre surnaturel, spécialement envers Dieu hélas complètement oublié de nos jours, la perte du sens du péché entraînant tout logiquement la perte du sens de Dieu, et vice versa d’ailleurs.

Par la Préface qui se conclut par le Trisagion, le triple Sanctus tiré du chapitre VI d’Isaïe, toute l’assemblée s’unit au chœur des saints et des anges en union avec leur Reine Marie. Puis le prêtre commence la prière eucharistique proprement dite. La réforme liturgique issue du concile a inséré de nouvelles prières eucharistiques, mais force est de reconnaître que le Canon romain reste le plus mémorable puisqu’il a été dit sans interruption dans l’Église Romaine depuis saint Léon, avec seulement quelques ajouts sous saint Grégoire. Jean XXIII, lui, a inscrit le nom de saint Joseph dans la liste des saints. Juste avant la Consécration, le prêtre, par l’épiclèse, invoque l’Esprit Saint à qui est attribuée la transsubstantiation. Le prêtre agissant in persona Christi, prononce les paroles mêmes du Christ, paroles efficaces réalisant ce qu’elles signifient en agissant ex opere operato. C’est la fonction du « dabar » hébreu que l’on trouve dès le début de la Genèse : « Il dit et cela fut ».

La prière eucharistique est un mystère d’action de grâces, mais elle est aussi un mystère de communion et de communion nuptiale : l’Église épouse du Christ ne fait qu’un avec lui, comme le suggèrent plusieurs icônes ou représentations. L’Église prie et supplie en union avec le Christ, comme le rappellera la fin du Canon : Per Ipsum.. Le sacrifice de l’Église qui n’est autre que le sacrifice du Christ lui-même rassemble tous ses fils pour les faire demeurer dans la perfection de l’amour. Personne donc ne doit manquer dans la prière eucharistique. Le sacrifice est offert pour tous les vivants et les morts. Le Pape pose alors le grave problème qui trouble plus d’un chrétien. Il est évident que la messe est gratuite. Et le Pape le souligne très bien. Mais les honoraires font partie du droit ecclésial dans la juste ligne du droit romain. On remercie le prêtre de son service. C’est un honoraire et pas un salaire.

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 7 mars 2018

Frères et sœurs, après le rite de la présentation du pain et du vin, la Prière eucharistique, moment central de la célébration de la Messe, nous associe à l’action de grâce et au sacrifice de salut de Jésus lui-même. Car « le sacrifice du Christ et le sacrifice de l’Eucharistie sont un unique sacrifice ». Ainsi, la préface est une action de grâce pour les dons de Dieu, et en particulier pour l’envoi de son Fils comme Sauveur. Puis, l’invocation de l’Esprit pour qu’il consacre par sa puissance le pain et le vin, et l’efficacité des paroles mêmes du Christ prononcées par le prêtre, rendent réellement présents son Corps et son Sang, son sacrifice offert sur la croix une fois pour toutes. L’Église offre ainsi au Père le sacrifice qui réconcilie le ciel et la terre, le sacrifice pascal du Christ, en s’unissant à son offrande et à son intercession, pour devenir son corps vivant aujourd’hui dans le monde. En communion avec l’Église universelle et l’Église particulière, la Prière eucharistique demande à Dieu de rassembler tous ses enfants dans la perfection de l’amour, n’oubliant rien ni personne, et ramenant toutes choses à Dieu. Bien comprise, elle nous apprend ainsi à « rendre grâce toujours et en tous lieux », à faire de notre vie un don d’amour, libre et gratuit, et à construire la communion concrète, dans l’Église et avec tous.

Je suis heureux de saluer les pèlerins venus de France, de Belgique et de divers pays francophones, en particulier les jeunes du Collège catholique Stanislas de Paris. Que le Seigneur nous aide à bien comprendre le sens de la Prière eucharistique, pour nous apprendre, peu à peu, à faire de toute notre vie une « eucharistie ». Que Dieu vous bénisse !

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