La Transfiguration : de la beauté divine de Jésus à son Sacrifice sanglant

Publié le 15 Mar 2023

De même que le premier dimanche de carême se place sous le regard du Baptême de Jésus, de même le deuxième dimanche que commente le pape François lors de la récitation de l’Angélus de ce 5 mars, se place sous celui de la Transfiguration, et cela dans les deux formes du missel qui présentent toutes deux la version de saint Matthieu. On pourrait donner à ce récit le titre de Ad lucem per Crucem : à la lumière par la Croix. En ce deuxième dimanche, la sainte Église propose donc à nos méditations l’enseignement que le Sauveur donna aux trois Apôtres présents à toutes les grandes occasions : Pierre, Jacques et Jean. Mais l’Église nous en applique aussi les leçons à en tirer. Efforçons-nous d’y être plus attentifs que ne le furent les trois disciples de notre Évangile, honorés pourtant d’une telle faveur. Jésus s’apprêtait à passer de Galilée en Judée pour se rendre à Jérusalem, où il devait se trouver pour sa dernière Pâques qui devait commencer par l’immolation de l’agneau figuratif, pour se terminer par le Sacrifice de l’Agneau de Dieu effaçant les péchés du monde. Jésus n’était plus un inconnu pour ses disciples. Ses œuvres avaient rendu témoignage de lui ; sa parole si fortement empreinte d’autorité, sa bonté si attrayante, sa patience à souffrir la grossièreté de ces hommes qu’il avait choisis pour sa compagnie : tout devait contribuer à les attacher à lui jusqu’à la mort.

Jésus se révèle donc dans toute sa beauté divine. Mais en quoi consistait cette beauté ? Les trois disciples virent la lumière éclatante de la sainteté et de l’amour de Dieu resplendir sur le visage et les vêtements de Jésus. Cette vision de la beauté divine de Jésus procure aux disciples une joie extrême. Mais elle demeure très passagère, car le but de la Transfiguration de Jésus est avant tout instructif. Il s’agit d’encourager et de préparer les Apôtres au Sacrifice de la Croix, lorsque le plus beau des enfants des hommes deviendra, comme le prophétisa Isaïe, « comme une racine en terre aride; sans beauté ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eût séduits; objet de mépris, abandonné des hommes ». Nous touchons ici un mystère : Comment et pourquoi le Fils de Dieu a tellement consenti « à prendre la dernière place qu’elle ne lui sera jamais reprise », au dire de saint Charles de Foucauld ? Devant ce mystère, saint Pierre lui-même a achoppé, méritant de se faire traiter de Satan par Jésus, aussitôt après sa si belle confession. Ici Pierre veut arrêter le temps, mais cette lumière n’a rien de magique. Elle est destinée à le réconforter, pour qu’il puisse accepter ce qui est pour lui inacceptable. Aucun juif, y compris les Apôtres, ne pouvait penser que le Messie, le Fils de David, mourrait sur une Croix. Pour les juifs du temps de Jésus, messianisme royal et messianisme sacerdotal du Serviteur souffrant demeuraient incompatibles. Et pourtant, la Croix est le seul moyen de parvenir à la lumière véritable qui illumine tout homme, comme le prêchera saint Paul avec tant de force.

Restons donc toujours avec Jésus, que ce soit au Thabor, que ce soit au Calvaire. Notons que Jésus est toujours sur la montagne, et qu’il nous faut donc toujours monter. Et Jésus sera toujours pour nous beau de la rayonnante beauté qui se donne, même et surtout sur la Croix. À son école et à l’école de sa Mère qui se tenait debout au pied de la Croix, apprenons à discerner et aimer la même beauté divine de Jésus dans nos frères. Que la Vierge des Douleurs, désormais reine du ciel et de la terre, nous accompagne, même dans les ténèbres du Vendredi saint, jusqu’à la lumière pascale, en marchant toujours sur le chemin de l’amour.

un moine de Triors

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseMagistère

Un colloque international sur la Vierge Marie

Entretien | Les 7 et 8 octobre prochains se déroulera à Rome un colloque international sur la Vierge Marie dans le dogme et le culte. Ouverte à tous, cette rencontre sera honorée par les interventions des cardinaux Müller et Burke. L’une des organisatrices, Virginia Coda Nunziante, précise ici les buts et le sens de cet événement.

+

colloque vierge marie
À la uneÉgliseÉglise de FranceLéon XIV

Léon XIV en France : Un voyage résolument catholique

Spécial venue du Pape en France | Le succès du voyage apostolique de Léon XIV apparaît comme une divine surprise dans un pays ou le catholicisme semble condamné à disparaître et où l'épiscopat est encore à la remorque du progressisme. Le ton résolument spirituel du Souverain Pontife a conquis les foules et son courage moral face aux politiques mérite d'être souligné malgré l'omission de certains sujets.

+

Léon XIV pape
À la uneÉgliseÉglise de FranceLéon XIV

Figurante pour la veillée des jeunes avec Léon XIV : « Je voulais vivre cet accueil du Pape de manière particulière »

Spécial visite du Pape | Durant la veillée des jeunes avec le Pape, environ 300 figurants se sont relayés tout au long de la partie spectacle, dans différents rôles, notamment ceux de saints, de porte-bannières et porte-reliques. Parmi eux, Pauline, 27 ans et ergothérapeute dans la vie « civile », a bien voulu répondre à nos questions sur l'opportunité de vivre de l’intérieur cette soirée hors-norme.

+

vierge statues ©diocese Nanterre copie figurant
ÉgliseÉglise de FranceLéon XIV

Léon XIV en France : La grâce de Pierre

Spécial venue du Pape en France | La visite de Léon XIV en France a finalement dépassé tous les pronostics. Si les catholiques ont bien été au rendez-vous, nombre d’incroyants n’ont pas été insensibles à cet homme en blanc venu à la rencontre de tous depuis Rome. L’un des effets de ce voyage tient au fait que Léon XIV s’est naturellement imposé comme le vicaire du Christ, rompant ainsi avec une Église synodale.

+

Léon XIV en france autorité pierre pape
ÉgliseÉglise de France

Maison Saint-Joseph : un accueil à l’ombre de Fontgombault

Initiatives chrétiennes n° 1862 | Séjourner à côté d'une abbaye ? De nombreuses personnes le souhaiteraient mais l'offre n'est pas toujours abordable ni adaptée. Sous l'impulsion de Guillaume d'Alançon, entrepreneur, une maison Saint-Joseph va bientôt s'ouvrir dans une commune voisine de Fontgombault, pour accueillir prêtres ou familles. Entretien avec Guillaume d'Alançon, président de la Société Saint-Joseph.

+

Maison Saint-Joseph accueil