> L’Essentiel de Joël Hautebert
Le décès du jeune Quentin, le 14 février dernier, a rappelé que la violence peut se développer dans la sphère politique. La Jeune Garde, héritière des mouvements révolutionnaires marxistes-léninistes, prône les mêmes méthodes d’action, s’appuyant sur la force physique. Pour certains, les coups sont le seul moyen d’avoir le sentiment d’agir de manière visible.
La violence politique, c’est-à-dire dans le cadre du militantisme, s’est dramatiquement invitée dans l’actualité du mois de février. À l’émotion légitime, s’ajoute le constat d’une tentation du recours à la violence physique de plus en plus prégnante, pour des raisons tenant d’une part aux méthodes d’action révolutionnaires et d’autre part à une manière d’envisager l’engagement politique dans un système jugé irréformable.
Une violence annoncée nécessaire
Si Machiavel justifiait la violence d’État au nom de la seule efficacité et de la crainte que le prince devait inspirer, le marxisme a quant à lui rendu la violence consubstantielle à l’activisme révolutionnaire. Pour Karl Marx, « la violence est l’accoucheuse de toute vieille société grosse d’une société nouvelle » (1). Par son nom et son logo, le mouvement de la Jeune Garde (2) s’est clairement placé dans la continuité des mouvements révolutionnaires du début du XXᵉ siècle. Le nom provient d’une chanson composée en 1911 par Monthéus (1872-1952), proche de Lénine, qui devint l’hymne des Jeunesses communistes après 1920. Le titre de la chanson a ensuite été repris par des mouvements militants (3) [« Jeune garde antifasciste », « Jeune garde socialiste »], adeptes de l’action de rue et chargés du service d’ordre des partis de gauche. Quant au symbole des trois flèches, il a été créé en 1931 en Allemagne par Serge Tchakhotine, militant bolchévique et scientifique féru de psychologie sociale. Il a été utilisé par le Front d’airain (ou de fer – réunissant des forces marxistes) pour contrer l’occupation dominante de la croix gammée sur les murs des rues allemandes. En bon disciple de Pavlov, dont il appliquait les théories scientifiques aux hommes, Tchakhotine concevait la visibilité de ce symbole comme un moyen de créer « un nouveau réflexe conditionné, enfoncé à grands coups dans l’esprit des masses », en excitant la pulsion numéro un du militant comme du public, c’est-à-dire la pulsion combative ou agressive.
Trois facteurs du mouvement
La lecture de son livre…







