La voie étroite de Giorgia Meloni : entre l’Italie et l’Union européenne

Publié le 20 Oct 2023
meloni Italie UE

Georgia Meloni, dont le passé militant a fait hurler les chancelleries européennes.

À la tête de son pays depuis un an, la présidente du Conseil des ministres, issue du mouvement Fratelli d’Italia, a-t-elle atteint ses objectifs, face au chantage au plan de relance de l’Union européenne, entre l’urgence migratoire et les juges rouges, le soutien à la famille et la dégauchisation des institutions culturelles ? Analyse par une spécialiste de la politique italienne.

  Lorsque, le 25 septembre 2022, Giorgia Meloni remporte les élections législatives italiennes, mettant fin à dix années de gouvernements de gauche, toutes les chancelleries européennes, relayées par le système médiatique poussent des cris d’orfraie. On exhume son passé militant au MSI (Mouvement social italien, héritier du post-fascisme d’après-guerre) qu’elle n’a jamais renié, on s’interroge sur la volonté de fer de ce petit bout de femme. Giorgia Meloni a bénéficié lors de cette élection de la prise de conscience du peuple italien de s’être fait voler son destin à coups de gouvernements « techniques », c’est-à-dire non élus, comme celui de Mario Monti (2011-2013), qui furent en réalité des gestionnaires de l’application de la politique – souvent d’austérité – décidée par la Commission européenne.  

Un avenir de plus grande liberté

Lors de son discours de politique générale en octobre 2022, elle déclarait : « ce que nous voulons faire, c’est libérer les meilleures énergies de cette nation et garantir aux Italiens, à tous les Italiens, un avenir de plus grande liberté, justice, bien-être et sécurité. Et si pour cela nous devons mécontenter certains potentats ou faire des choix qui pourraient ne pas être compris dans l’immédiat par certains citoyens, nous ne reculerons pas. » Quel bilan peut-on dresser de la première année au pouvoir du gouvernement Meloni ? A-t-elle réussi à incarner une vision, à mettre en œuvre son projet de redressement et de reconquête culturelle ? Les défis à relever sont de taille et embrassent tout le spectre de la vie politique, économique, sociale, culturelle, diplomatique d’un pays. La guerre en Ukraine a vu, sans surprise, Giorgia Meloni s’aligner sur des positions résolument atlantistes, multiplier les manifestations d’amitié envers Volodymyr Zelensky autant que les livraisons de matériel militaire. Pourquoi cet atlantisme sans conditions ? L’Italie, en état de faiblesse économique et structurelle, n’avait pas les moyens de faire entendre une voix un tant soit peu dissonante dans le concert européen pro-ukrainien. Par le biais de ce soutien à l’Ukraine, Giorgia Meloni entendait également désarmer l’hostilité des gouvernants européens à son égard. Présidente du…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Marie d’Armagnac

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

L’ultra gauche, levier politique de l’extrême gauche ?

Depuis les premiers blocages lycéens en septembre jusqu’aux importantes manifestations de ces dernières semaines, l’ultra gauche s’est emparée du mouvement par la violence. Associée à l’extrême gauche, elle s'en distingue pourtant fondamentalement, parson opposition au système, aux institutions et à toute autorité. Malgré son refus de participer à la lutte républicaine menée par l’extrême gauche, ne joue-t-elle pas le jeu de cette dernière ?

+

ultra gauche extrême gauche
À la uneSociétéÉducation

François-Xavier Clément : Il faut retrouver l’élan missionnaire et catholique de l’école… catholique

Entretien | Dans L’Enseignement catholique hors-la-loi ?, un petit ouvrage percutant, François-Xavier Clément, fondateur de Saint-Joseph Éducation et directeur du Centre de formation de l’éducation intégrale, dresse l’historique de la soumission de l’école catholique à l’État et appelle à revenir à l’origine surnaturelle de la mission éducative de l’Église.

+

enseignement catholique éducation école
À la uneInternational

Le Brésil à l’épreuve des élections

Lula a remporté l’élection présidentielle au Brésil pour la troisième fois le 25 octobre 2026, résultat que son adversaire, Flávio Bolsonaro, a d’abord refusé de reconnaître. Fils de Jair Bolsonaro, ancien président et actuellement en prison, Flávio s’est finalement enfui aux États-Unis.

+

Lula brésil
SociétéBioéthiqueÉducation

La santé, cache-sexe de l’idéologie progressiste

La mainmise de l’État sur tous les domaines de la vie est particulièrement flagrante dans ce qu’il est convenu d’appeler la « santé sexuelle ». Sous le prétexte sanitaire se dissimule une nouvelle « morale » qui risque de condamner à terme toute résistance à une idéologie encourageant les comportements les plus déviants et toute référence à l’Évangile.

+

santé sexuelle gouvernement
Société

Mettre le feu

L’Essentiel de Joël Hautebert | Deux événements de ces derniers jours font ressortir le contraste brutal entre la jeunesse chrétienne et celle des lycéens en colère. Mais quoi d’étonnant pour celui qui sait ce qui enflamme les uns et les autres ? Une feuille de route a été donnée par Léon XIV à ceux qui recherchent la vie éternelle, laquelle ne leur sera offerte qu’au bout d’un engagement spirituel enraciné dans le charnel.

+

feu jeune jeunesse pape manifestations
SociétéLectures

Comment je suis devenu petit !

Carte blanche à Yves Chiron | Anthony Aubé a 42 ans et mesure 1,15 m. Il est atteint d’une pathologie désormais bien identifiée : la DSEC (dysplasie spondylo-épiphysaire congénitale), une des formes de ce que l’on appelait jadis le « nanisme ». Dans Comment je suis devenu petit !, il s’exprime sur ses difficultés de santé, ses défis scolaires et professionnels mais aussi sur le droit à la vie.

+

Anthony Aubé nain petit livre