Le Liban aux portes de la guerre

Publié le 27 Nov 2023
liban hamas Arthur Lanternier

Les volontaires poursuivent les projets de l’association et organisent une mission dans le Sud.

Installé au Liban depuis 2014, « SOS Chrétiens d’Orient » poursuit sa mission dans une période extrêmement critique pour le pays que le conflit israélo-palestinien risque encore d’aggraver. Entretien avec Arthur Lanternier, chef de mission de l’ONG, sur une situation très inflammable, particulièrement dans le Sud, bombardé par Israël en réplique aux attaques du Hezbollah.

 

Comment l’État israélien justifie-t-il ces bombardements ?

Dans le sud du Liban se trouve le Hezbollah, parti chiite et également milice, fondé en 1982, dont l’essence même est justement de combattre Israël, l’ennemi sioniste éternel. Il se définit comme la résistance face à l’envahisseur israélien, composée d’une branche politique et d’une branche armée. En Europe, en fonction des pays, l’organisation n’a pas la même classification. En France, la partie armée du Hezbollah est considérée comme terroriste mais pas la partie politique. En revanche, en Allemagne, l’ensemble est classé comme terroriste. Israël se permet de bombarder le Sud du Liban, car l’organisation le combat. Il y a toujours des échanges d’obus à la frontière. Le Hezbollah est toujours en guerre avec Israël et, toutes les semaines, il y a des échanges de tirs entre les deux camps.  

L’activité s’est-elle intensifiée depuis le 7 octobre ?

Notre inquiétude, c’est justement que ces échanges de tirs se sont multipliés depuis un mois. Le Hezbollah a apporté son soutien au moment de l’attaque du Hamas, pour renforcer son offensive. Nous avons donc actuellement des morts du côté des combattants mais aussi des civils, plus de 80 au total pour le moment. Généralement le Hezbollah envoie des obus, et Israël réplique de façon deux à trois fois plus violente en direction du côté libanais. Nous avons été rassurés le vendredi 3 novembre dernier par le discours de Hassan Nasrallah (1). Nous nous attendions à une déclaration de guerre qui embarque tout le Liban dans ces affrontements mais il a indiqué qu’il continuerait sur cette même intensité de conflit.  

Les risques d’embrasement sont donc écartés pour le moment ?

Malheureusement, le 5 novembre dernier, trois enfants ont été tués avec leur grand-mère dans une voiture. Cela a fait énormément scandale au Liban. Maintenant, nous nous retrouvons donc dans une période tendue, avec la crainte du moindre dérapage. Il suffirait qu’un missile tombe malencontreusement sur une école plutôt que sur la cible prévue et la…

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Marie Etcheverry

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