Le Pape, vicaire du Christ, non de l’Église

Publié le 09 Mar 2013
Le Pape, vicaire du Christ, non de l'Église L'Homme Nouveau

Le Conclave s’ouvrira mardi 12 mars prochain. Le programme prévoit pour ce premier jour de la réunion des cardinaux qui verra l’élection du prochain pape la messe pro elegendo Pontefice à la basilique Saint-Pierre, célébrée le mardi matin. L’après midi aura lieu l’entrée des cardinaux en conclave. Nous profitons de ces jours qui nous séparent de la joie de connaître le prochain successeur de saint Pierre pour approfondir plusieurs aspects de la théologie touchant au ministère pétrinien. À ce titre, nous publions ci-dessous un court texte du cardinal Journet. 

Simon, fils de Jean, dit le Seigneur, sois le pasteur de mes brebis. Il ne dit pas : de tes brebis. Elles seront toujours à lui. Elles ne changeront pas de maître. Je suis, dit-il encore, le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Il les appelle par leur nom, elles écoutent sa voix, et Il les emmène (Jean, X). Ce sont donc les brebis du Christ, ce ne sont pas ses brebis à lui que paîtra Simon Pierre. C’est au nom du Christ, ce n’est pas en son nom à lui qu’il emmènera. Voilà tout ce qu’on veut rappeler quand on dit que Pierre est le vicaire de Jésus-Christ, puisqu’il est convenu que le pouvoir exercé au nom d’un autre se nomme un pouvoir vicaire.

Pierre est le vicaire du Christ ; il n’est pas le vicaire de l’Église et de la multitude chrétienne. La juridiction né remonte pas de l’Église jusqu’à lui, elle descend de lui jusqu’à l’Église. Le Christ la lui donne directement et immédiatement, il ne la donne pas d’abord à l’Église avec charge de la lui transmettre (1). Plus encore, il la lui donne antérieurement au choix par l’Église d’une constitution.

1°) Le concile du Vatican (Vatican I) dénonce comme contraire à l’Écriture et à la Tradition, l’erreur de ceux qui prétendent « que le primat de juridiction a été donné immédiatement et directement non pas à Pierre, mais à l’Église, et par elle à Pierre son ministre ». Denz., n°1822.

Extrait de L’Église du Verbe incarné, essai de théologie spéculative, tome 1, deuxième édition corrigée et augmentée, Desclée de Brouwer, 1955, pp.541-542. 

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