Le temps du Sacré Cœur

Publié le 07 Juin 2024
sacré cœur

Le Breuil-sous-Argenton (79) © FredSeiller, CC0

Dévotion ancienne, célébrée par saint Jean Eudes, confirmée par les apparitions de sainte Marguerite-Marie, développée et soutenue par les papes, le culte du Sacré Cœur fut finalement officialisé par une fête, célébrée après la fin du Temps pascal.

  Après avoir honoré et adoré la Sainte Trinité « parce qu’elle nous a fait miséricorde » (Tb 12, 6) par l’Incarnation et la Rédemption dont les cycles sont achevés, l’Église honore, ce dimanche, le Saint-Sacrement par ce que l’on appelle la « Fête-Dieu ». Ces deux fêtes ayant été évoquées dans ces colonnes l’an dernier (L’Homme Nouveau n° 1785 du 3 juin 2023), nous n’y reviendrons pas ici. Ce Vendredi, une troisième fête « thématique », en ce sens qu’elle ne célèbre pas un événement – un « mystère » en langage liturgique –, vient s’ajouter aux deux premières : le Sacré-Cœur de Jésus. D’abord célébrée par le Normand saint Jean Eudes († 1680), elle se répandra surtout grâce à une révélation privée : en 1675, le Christ a demandé à une visitandine de Paray-le-Monial (Bourgogne), sainte Marguerite-Marie Alacoque, que « le premier vendredi après l’octave du Saint-Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer [s]on Cœur ». Dans les décennies qui suivent, plusieurs diocèses répondront à cette demande, mais il faudra attendre 1765 pour que Clément XIII approuve officiellement cette fête et 1856 pour que Pie IX l’inscrive au calendrier de l’Église universelle.  

Contempler et implorer

Les textes de la messe du Missel romain 1962 remontent à 1929. Après avoir rappelé le devoir de réparation au Sacré Cœur (encyclique Miserentissimus, 1928), Pie XI éleva alors la fête au degré le plus haut et la dota d’une octave et de textes nouveaux. Le Missel romain 1970 remania un peu les prières et ajouta de nouvelles lectures. La messe et l’office donnent deux directions à la célébration de ce jour. Tout d’abord, la contemplation du Cœur transpercé. L’origine de cette dévotion nous ramène au Vendredi saint et à la transfixion (Jn 19, 31-37) : voyant Jésus mort, « un soldat, de sa lance, lui ouvrit le côté et il en sortit aussitôt du sang et de l’eau » (v. 34). « Au cours des premiers temps, des Pères, des Docteurs, des Saints ont célébré l’amour de notre Rédempteur. La blessure ouverte au côté du Christ, ils l’ont appelée la source mystique de toutes les grâces. Mais, à partir du Moyen Age, depuis qu’une piété plus…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Pierre Julien

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseÉglise de France

Pèlerinages régionaux (3/4) : Un rite traditionnel souvent mal reçu…

DOSSIER « Des pèlerinages régionaux aux racines chrétiennes de la France » | Il y a une situation qui se répète malheureusement dans la plupart des cas : si les pèlerinages régionaux suscitent un certain engouement, ils ne reçoivent pas le soutien des évêques locaux. Souvent, la liturgie traditionnelle se voit interdite. Certains pèlerinages trouvent des solutions, d’autres doivent être annulés.

+

pèlerinage tradition messe rite évêque
À la uneÉgliseLiturgie

Le Bon Pasteur, modèle du Souverain Pontife

L’esprit de la liturgie | La Sainte Écriture et les rites liturgiques soulignent l'autorité particulière conférée au pape par son élection, qui fait de lui le détenteur des clefs, lui donnant le pouvoir de remettre les péchés et le rôle de Bon Pasteur, celui qui va à la recherche des brebis perdues.

+

bon berger bon pasteur
À la uneÉgliseÉglise de France

Pèlerinages régionaux (1/4) : Lorsque le « phénomène de Chartres » s’installe dans les régions de France

DOSSIER « Des pèlerinages régionaux aux racines chrétiennes de la France » | Les deux dernières années ont connu une véritable explosion des pèlerinages locaux qui entretiennent un lien avec Notre-Dame de Chrétienté. Ils tirent leur inspiration du grand pèlerinage de Pentecôte, mais également d’initiatives locales déjà mises en place depuis quelques années.

+

Feiz e Breizh pèlerinages traditionnel région
À la uneÉgliseLiturgieMagistère

Cardinal Sarah : Combattre les tenants de la liturgie traditionnelle « est purement idéologique »

Entretien | Le 27 août dernier, le cardinal Robert Sarah, préfet émérite de la Congrégation pour le Culte divin, a accordé un entretien à Nico Spuntoni du grand quotidien italien Il Giornale. À la demande du cardinal, nous publions une version française de cet entretien qui propose des observations nourries de sa foi et de son regard sur l’Église, en vue d'alimenter la réflexion, notamment sur l’avenir de la liturgie dans l’Église latine.

+

Sarah liturgie tradition