Qui étaient les centurions de l’armée romaine ? (1/3)

Publié le 20 Mar 2024
centurion romain

© Amaury Laporte, CC BY 2.0

Au moins deux centurions romains apparaissent dans les Évangiles : celui de Capharnaüm demandant la guérison de son serviteur et celui qui ouvre le côté du Christ et le reconnaît Fils de Dieu à la Crucifixion. L’histoire de ce grade de la légion romaine permet d’éclairer et de mieux comprendre certains détails de ces deux épisodes bibliques.

  Bas officiers, symboles voyants de l’occupation romaine, à ce titre détestés des populations, les centurions sont bien présents dans le Nouveau Testament et n’y tiennent pas un rôle systématiquement négatif. Mais qui sont-ils et quel est leur rôle ?  Popularisés par les Aventures d’Astérix où ils sont ridiculisés par les Gaulois, les centurions sont les seuls gradés des légions dont nom et fonction disent quelque chose au grand public. Non sans à-peu-près.  

Centurion ou centenier

En dépit des apparences, étymologiquement, centurio ne signifie pas « celui qui commande à cent hommes », mais vient de census, cens qui renvoie au recensement des jeunes gens en âge d’être intégrés dans l’armée. Décalqué sur le latin centurio, le mot est apparu relativement tard en français où, longtemps, on lui a préféré « centenier ». Le grade désigne un bas officier, plus ou moins équivalent d’un lieutenant ou d’un capitaine dans les armées modernes. Depuis les réformes de Marius, à la fin de la République, les effectifs classiques d’une légion s’établissent, hors mobilisation exceptionnelle, à 2 400 soldats ; les centurions, 60 par légion, commandent entre 80 et 160 hommes, selon qu’il a fallu, en période de guerre, appeler plus ou moins de combattants sous les aigles. Le chiffre rond de 100 est donc sans lien avec la réalité. Deux centuries forment un manipule, à la hiérarchie précise entre officiers. Le plus haut gradé, le primipile, désigné pour sa bravoure et ses compétences, a l’honneur, sur le champ de bataille, de lancer le premier javelot, pilum, donnant le signal de l’attaque. Sous ses ordres se trouvent dans chaque centurie deux autres centurions. Seule la mort ou le départ en retraite libère l’une de ces places, au profit du meilleur sous-officier. Monter en grade peut prendre du temps.  

Romain ou pérégrin

Sorti du rang, le centurion n’est pas d’obligation romain ou italien ; il peut être un pérégrin, provincial ne jouissant pas de la citoyenneté romaine mais appartenant à l’élite romanisée de son pays d’origine, fils de notable désireux de mieux s’intégrer dans l’empire. Une fois enrôlé,…

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Anne Bernet

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