Les chanceliers (4/4) : Le rôle du chancelier au sein du diocèse et de l’Église

Publié le 11 Mar 2024
chancelier
Certains évêques se sont récemment saisis de la possibilité de nommer des chanceliers laïcs, remettant sur le devant de la scène une fonction plutôt obscure pour la majorité des fidèles. Le chancelier du diocèse d’Avignon définit cet office, à la charnière de l’administratif, du juridique et du pastoral et spécifiquement prévu par le droit canon.

  En me présentant comme chancelier, l’évocation du titre, qu’il inspire respect, inquiétude ou curiosité, suscite de nombreuses questions. En effet, si le mot est familier, ce qu’il désigne l’est moins, d’autant qu’il peut être employé en des domaines bien différents.  

Le chancelier dans la curie diocésaine

Il est nécessaire de comprendre préalablement le rôle de la curie au cœur de laquelle le chancelier prend place. Le diocèse est cette portion du Peuple de Dieu confiée au soin pastoral d’un évêque qui n’est pas seul pour accomplir sa mission. En effet, « La curie diocésaine se compose des organismes et des personnes qui prêtent leur concours à l’Évêque dans le gouvernement du diocèse tout entier, surtout dans la direction de l’action pastorale, dans l’administration du diocèse, ainsi que dans l’exercice du pouvoir judiciaire. » (cf. Code de droit canonique, canon 469). Il est essentiel de percevoir les dimensions à la fois pastorale, administrative et judiciaire de ce service de la curie pour l’évêque. Celui-ci demeure assez libre dans le choix des moyens adaptés à la situation et aux besoins. Par suite, selon les diocèses, situations, pays et moyens, son organisation peut connaître de notables différences. Toutefois, parmi ces organismes et personnes, deux offices sont établis pour l’Église universelle et dont l’évêque ne peut se dispenser : le chancelier et l’économe. L’office de l’économe a été créé et distingué de celui de chancelier avec le code de 1983. Auparavant, le chancelier assumait en pratique les charges et responsabilités de l’un et de l’autre office. En imposant ces offices dans tout diocèse, l’Église souligne leur importance pour le service et le gouvernement du diocèse.  

Coopération du chancelier et de l’économe

Le chancelier et l’économe sont deux conseillers spéciaux de l’évêque, techniquement compétents, l’un pour ce qui concerne les questions canoniques d’une manière générale, et l’autre pour ce qui concerne spécifiquement l’administration des biens. Ils coopèrent ainsi à la mission et responsabilité de l’évêque vis-à-vis du droit de tout fidèle et de l’administration des biens. Leur collaboration est essentielle. D’une…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Abbé Bruno Gerthoux

Ce contenu pourrait vous intéresser

Église

Droit canonique (2/4) : La transcendance du droit ecclésial

DOSSIER « Le droit canonique : pour quoi faire ? » | La mission de l'Église est celle que le Christ lui a assignée : annoncer le salut et être l'instrument de sa réalisation. Cette mission tient dans une finalité précise : procurer la salus animarum (le salut des âmes). C'est le sens de l’ultime canon 1752 du Codex Iuris Canonici de 1983, la fin que tout l'ordre juridique canonique doit poursuivre, car le salut des âmes doit toujours être la loi suprême dans l'Église. De ce fait, le droit ecclésial est attaché par nature à la vie de l'Église. Il est un moyen, un secours et une protection.

+

droit canonique église
ÉgliseÉglise de France

Marche de Saint Joseph : « Et qui est mon prochain ? »

Initiatives chrétiennes | Tournée plus spécialement cette année vers les néophytes et catéchumènes, la Marche de Saint Joseph mène les hommes depuis les paroisses ou les écoles parisiennes jusqu'à Saint-Sulpice, en passant par Montmartre. L'occasion pour eux de se rencontrer mais aussi de retrouver sa vocation au don. Entretien avec l’abbé Vincent de Mello, aumônier du pèlerinage.

+

Marche de Saint Joseph