Les dix conclaves qui ont marqué l’histoire

Publié le 29 Avr 2025
yves Chiron conclave

Fenêtre et balcon du conclave dans la basilique Saint-Pierre au Vatican

Le conclave débutera le 7 mai 2025, a annoncé le 28 avril le bureau de presse du Saint-Siège. Il se tiendra dans la chapelle Sixtine du Vatican, qui est donc fermée au public depuis l’annonce. À cette occasion, nous avons interrogé Yves Chiron, historien de l’Église, au sujet de son livre Les dix conclaves qui ont marqué l’histoire.

 

| Un nouveau conclave se prépare, marquant une nouvelle étape dans la tradition de l’Église catholique, où les cardinaux vont se réunir secrètement pour élire un pape. À la lumière de l’histoire que vous retracez, quels éléments historiques ou symboliques pourraient influencer ce conclave ?

Il est sûr que par certains de ses actes, certaines de ses déclarations magistérielles et certaines de ses prises de position dans les médias, le pape François a été, selon l’expression actuelle, clivant, c’est-à-dire qu’il a divisé non seulement les fidèles mais aussi les évêques et les cardinaux. Je pense, par exemple, à l’ensemble des évêques d’Afrique qui ont refusé la bénédiction des couples homosexuels promulguée par la Déclaration Fiducia supplicans. Finalement, le pape François a accepté que les évêques africains ne pratiquent pas cette bénédiction. Ce n’est pas en fonction de cette seule question que les cardinaux, au prochain conclave, se prononceront. Mais ils auront forcément à l’esprit ce cas où une décision approuvée par le pape a été mal “reçue” par nombre d’évêques et de théologiens. Le prochain pape veillera, je pense, à ne pas répéter ce genre d’initiative qui prête à débats. Comme aussi la question des réfugiés et des migrants ou les décisions sur la liturgie traditionnelle.

| Quelle est la raison pour laquelle l’Église a choisi le conclave pour élire un nouveau pape ? Est-ce une forme préliminaire de démocratie ?

Le conclave, telle qu’on le connaît aujourd’hui, n’existe que depuis Grégoire X qui, en 1274, en a fixé les règles très strictes : seuls les cardinaux reclus dans un endroit, sans contact avec l’extérieur jusqu’à qu’ils aient choisi, désignent le pape à la majorité des deux tiers des voix. Mais déjà avant cette date il y avait eu des réclusions de cardinaux, volontaires ou imposées, pour hâter l’élection ou se soustraire aux influences, pressions ou menaces extérieures. En réalité, tout au long de son histoire, avant même cette constitution de 1274, l’Église s’est attachée, lors des élections pontificales, à défendre son indépendance et sa liberté. Par exemple, à différents…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Solène Grange

Solène Grange

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLéon XIV

Léon XIV en Algérie (3/5) : Nous sommes une Église de passage

DOSSIER « Sur les pas de saint Augustin : Léon XIV en terre musulmane » | Dans le cadre de son voyage en Algérie, Léon XIV rencontrera une Église catholique minoritaire mais bien vivante, avec laquelle il commémorera notamment les 30 ans de l’assassinat de Mgr Pierre Claverie. Entretien avec Mgr Davide Carraro, son successeur sur le siège d’Oran depuis 2024, réalisé par l’AED.

+

Algérie église chrétien
À la uneÉgliseLéon XIV

Léon XIV en Algérie (2/5) : L’Afrique antique, terre chrétienne ?

DOSSIER « Sur les pas de saint Augustin : Léon XIV en terre musulmane » | On l’a oublié. Mais comme l’affirme une historienne contemporaine dans la célèbre encyclopédie Histoire du Christianisme : « s’est constituée en Afrique au cours du IVᵉ siècle, une chrétienté dont l’importance, l’expansion, la vitalité l’emportent sur toutes les autres en Occident à la même époque ». Retour sur une période trop perdue de vue, au sein de laquelle brille d’un feu particulier saint Augustin.

+

Carthage Afrique antique Algérie
À la uneÉgliseHistoireLéon XIV

Léon XIV en Algérie (1/5) : Entre mémoire et avenir

DOSSIER « Sur les pas de saint Augustin : Léon XIV en terre musulmane » | À l’invitation du gouvernement algérien et des évêques du pays, Léon XIV visitera l'Algérie en avril prochain. S’il entend mettre ses pas dans ceux de saint Augustin, dont il se déclare le fils, le Pape veut aussi encourager le petit peuple des chrétiens présents dans l’Algérie d’aujourd’hui.

+

Léon XIV en Algérie
À la uneÉgliseÉglise de France

Fermeture de la Trappe : Que reste-t-il de la vie religieuse en France ?

Après près de neuf siècles de présence, les moines de l’abbaye Notre-Dame de la Trappe de Soligny ont annoncé le 5 mars dernier leur départ en 2028. Pour beaucoup d’abbayes confrontées à la même situation, on invoque la crise des vocations et les charges d’entretien des bâtiments qui empêchent les communautés d’assurer la vie régulière, et les contraignent à se retirer de lieux pourtant marqués par des siècles de présence.

+

vie religieuse abbaye de la Trappe
ÉgliseLiturgie

Proposition de dom Kemlin pour la liturgie : réponse du président de Notre-Dame de Chrétienté

Entretien | Dom Kemlin, père abbé de l’abbaye de Solesmes, a révélé le 16 mars, au micro de RCF, l’envoi, en novembre, d’une lettre au Pape : il y propose une reconfiguration de la liturgie romaine dans le but de résoudre les divisions au sein de l'Église. Philippe Darantière, président de Notre-Dame de chrétienté, l’association organisatrice du pèlerinage de Paris à Chartres à la Pentecôte, a souhaité réagir à cette proposition.

+

Solesmes dom kemlin liturgie