Les mémoires du cardinal Consalvi

Publié le 18 Fév 2024
Cardinal Consalvi

© Cardinal Consalvi, par Charles Edward Wagstaff d'après Thomas Lawrence, 1840.

Le cardinal Consalvi, secrétaire d’État du Saint-Siège à partir de 1806, a rédigé ses Mémoires. Celles-ci viennent d’être retraduites et rééditées par Bernard Ardura, le président du Conseil pontifical des Sciences historiques, aux éditions du Cerf, sous le titre Mémoires. Un diplomate dans la bourrasque.

  Hercule Consalvi, issu d’une vieille famille romaine, fut élève de l’Académie des nobles ecclésiastiques, qui formait les futurs diplomates du Saint-Siège. Il doit sa carrière à son intelligence et à son talent. Après avoir rempli différentes fonctions à la Curie, sous la Révolution il s’occupa des clercs français réfugiés à Rome. Arrêté par les troupes françaises d’occupation en février 1798, il fut incarcéré au château Saint-Ange avant d’être expulsé de la Ville. Sa carrière commence vraiment quand il devient secrétaire du conclave qui s’ouvrit à Venise, en novembre 1799, pour désigner le successeur de Pie VI, mort en exil à Valence. Le nouveau pape, Pie VII, le nomma procureur d’État, puis le créa cardinal et le nomma secrétaire d’État. Consalvi occupa cette fonction à deux reprises, de 1800 à 1806 et de 1814 à 1823. Comme l’écrit Bernard Ardura, le président du Conseil pontifical des Sciences historiques, Consalvi a eu un rôle éminent à Rome pendant deux décennies parce qu’il s’est distingué « de bon nombre de ses contemporains et notamment de certains cardinaux de Curie, par sa prise de conscience de la situation nouvelle, créée par la Révolution, et de la nécessité de conjuguer la restauration du gouvernement pontifical et sa profonde réforme. Dans une situation politique et économique précaire, le nouveau secrétaire d’État se doit d’éliminer tout ce qui, dans l’ancien édifice étatique, s’est accumulé au fil du temps, pour faire des États pontificaux un État moderne ». Le cardinal Consalvi, à partir de 1810, a écrit des Mémoires. Il s’agit non pas d’un texte unique et suivi mais de plusieurs écrits, rédigés à différentes époques, et portant sur différents événements, notamment le conclave réuni à Venise, le concordat signé à Paris en 1801, le mariage de Napoléon avec Marie-Louise d’Autriche. Ces Mémoires – six au total – sont riches de personnages, de faits et d’événements dont Consalvi fut parfois l’unique témoin. Le grand historien Jacques Crétineau-Joly a procuré la première édition de ces Mémoires en 1864, dans une traduction française. L’ouvrage fit référence pendant près d’un siècle, même si rapidement des doutes se firent jour sur l’exactitude de…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Yves Chiron

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureHistoire

Saint Louis (2/8) : 6 lieux

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Découvrez 6 lieux emblématiques de la vie et du règne de Louis IX : baptême à Poissy le 25 avril 1214, sacre à Reims le 29 novembre 1226, consécration de la Sainte Chapelle le 26 avril 1248, départ pour la croisade à Aigues-Mortes le 25 août 1248, la justice à Vincennes, son inhumation le 23 mai 1271 à Saint-Denis. Avec des dessins inédits de © Innocent pour L’Homme Nouveau.

+

saint louis ix lieux
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (1/8) : Une France capétienne contrastée

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Le royaume de France dont hérite le jeune Louis IX est traversé de profondes transformations politiques, économiques et territoriales, dont les promesses sont encore vacillantes. L'ordre ancien de la féodalité est peu à peu recomposé par le ministère royal.

+

saint louis france capétienne