Sépulture 3/4: Les rites funéraires dans l’Ancien Testament

Publié le 10 Nov 2022
Rites funéraires

Dans les rites funéraires des Hébreux, décrits dans la Bible à de nombreuses reprises, se dessinent leurs croyances sur l’au-delà. Panorama de coutumes, de pratiques et d’interdits qui tranchent étonnamment avec ceux des peuples environnants. Dans l’Ancien Testament, l’enterrement et les gestes de deuil sont souvent évoqués, mais les textes bibliques donnent peu de détails sur la manière dont les morts étaient ensevelis. Il n’est jamais question non plus de cérémonie commémorative, d’entretien d’un tombeau ou d’une autre forme d’hommage au défunt, passé le temps du deuil. Cette discrétion est révélatrice d’une certaine idée de la mort, qui semble avoir préparé les Hébreux à accueillir la révélation de la résurrection. Tout d’abord, il est clair qu’ensevelir les morts était regardé comme un des principaux devoirs des vivants. Tobie l’Ancien est loué pour avoir souvent, au péril de sa propre vie, pratiqué cette œuvre de miséricorde envers ses compatriotes en exil (cf. Tb 1, 16-20). À force de veiller, nuit et jour, sur les cadavres des sept fils du roi Saül, que David avait fait supplicier, Ritspah, concubine de Saül, obligea David à leur accorder la sépulture, et ce geste attira la faveur de Dieu sur le pays [2 S 21, 8-14] (1). Au contraire, être privé de sépulture et exposé aux bêtes constituait une très grave injure, dont les prophètes ont menacé certains rois impies (1 R 14, 10-13 ; Jr 22, 18-19). Les rites funèbres paraissent avoir été assez simples. Après avoir fermé les yeux du défunt (Gn 46, 4), on l’embrasse (Gn 50, 1) et on procède à la toilette funèbre. L’embaumement de Jacob et de son fils Joseph constitue une exception, motivée par le contexte égyptien (Gn 50, 2-3 et 26). Le mort, porté sur une civière (2 S 3, 31), est enterré sans cercueil, dans ses vêtements (1 S 28, 14), mais rien n’indique un souci de pourvoir le défunt des objets nécessaires à une vie dans l’au-delà. L’incinération semble avoir été étrangère à la culture d’Israël. Le seul cas rapporté est celui de Saül (1 S 31, 10-13), apparemment dans le but de soustraire le corps du roi à tout nouvel outrage de la part des Philistins. La tombe elle-même n’est pas décrite, à moins qu’il n’y ait une raison spéciale de le faire, comme pour le mausolée élevé en l’honneur de Jonathan, lors de la guerre sainte des fils Maccabées (1 M 13, 25-30), et…

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Père Albert-Marie Crignon, fsvf +

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