Les voies par lesquelles le bien se fait connaître au plus sombre du mal sont parfois stupéfiantes. Vous en doutez ? Lisez ces témoignages de pardon. Enver Hoxha, un des dictateurs communistes les plus sanglants du siècle dernier (et un pur produit de l’éducation française, de ses premières années scolaires dans sa région natale de l’Albanie du sud jusqu’à ses années d’étudiant à Montpellier), avait fait de son pays un immense camp de concentration. Il a aussi envoyé à la mort indistinctement ennemis réels ou supposés, villages entiers et, athée virulent et même pathologique, beaucoup de croyants. Parmi ses victimes catholiques, contre lesquelles il s’est particulièrement acharné, les 38 martyrs béatifiés en novembre 2016 par le pape François. J’ai eu accès, pour publier un livre sur ceux-ci, au dossier de béatification et ce que j’ai découvert m’a bouleversé : on a retrouvé dans les archives d’État des rapports sur l’exécution de ces martyrs, demandés par Enver Hoxha lui-même, comme pour les autres personnes qu’il envoyait au supplice. Après avoir décidé de leur sort avant même qu’ils soient jugés, le dictateur exigeait d’avoir sur son bureau le plus vite possible après leur exécution une relation détaillée et précise de la façon dont ils s’étaient conduits devant les pelotons qui les fusillaient, ainsi que leurs dernières paroles. Pourquoi ? Pur sadisme ? Oui, sans doute, et peut-être secret espoir d’y lire des reniements ou des appels vains à sa clémence au moment de la mort. Or que révèlent les archives sur ces 38 martyrs ? Non seulement ni reniement ni supplications mais la prière, parfois le silence et, souvent, des paroles de pardon. Ainsi le bienheureux Danjel Dajani, jésuite : « Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal. Je suis heureux de mourir innocent plutôt que coupable. » Le bienheureux Mati Prendushi, franciscain : « Je pardonne à la Cour et à tous ceux qui tueront nos corps innocents. » Le père Dedë Malaj, prêtre séculier : « Je suis fier d’être fusillé en tant que prêtre catholique, pour l’Albanie et pour l’habit que je porte. Je demande pardon à tous ceux que j’ai pu offenser durant ce procès ou dans ce tribunal et je pardonne à ceux qui m’ont offensé. » Le jeune Mark Çuni, séminariste : « Je pardonne à tous ceux qui m’ont jugé, condamné et à ceux qui vont m’exécuter. » Qerim Sadiku, un laïc : « Je pardonne à tous…
Saint Louis (7/8) : Un héritage à part entière
DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | C’est très symboliquement que le saint roi a marqué la dynastie capétienne. Sa mort constitue en effet un point de départ pour ses descendants qui confèrent à l’appartenance à son lignage et à son sang un caractère exceptionnel. Ils aspirent à construire une beata stirps, une lignée bienheureuse, dont le prestige rejaillit sur ses descendants. La perpétuation de la mémoire de saint Louis transparaît aussi dans les arts et l’architecture.







