L’humeur de Pasquin : Pas envie?

Publié le 04 Sep 2015
L'humeur de Pasquin : Pas envie? L'Homme Nouveau

Non pas envie de rentrer, de retrouver l’actualité, les images, les bavardages, les experts qui expliquent, les politiques qui expliquent, les journalistes qui expliquent. Se confronter à l’insécurité physique, économique. Voir se délabrer un peu plus le pays et ses institutions, pas envie. Sentir l’irrépressible progression de Daech, les chrétiens d’Orient, les migrants, la déforestation, le réchauffement du climat, la disparition des espèces menacées, la protection des bonobos, la malbouffe, l’huile de palme, Vincent Lambert, les manipulations génétiques, le capitalisme frénétique, le commerce de fœtus du Planning Familial et… toujours François Hollande, Manuel Valls, Taubira, pas envie ! Ben non, pas envie de rentrer pour retrouver tout ça alors qu’avec trois pieds de tomates, deux poules, un peu de soleil, de rosé frais et de l’amitié, la vie en août s’écoule joyeusement. Le lait de la ferme, les légumes du voisin, les poissons du retour de pêche, les coquillages ramassés, Papa et son barbecue maçonné en vieilles pierres et Maman et ses deux après-midi jardinage chapeau de paille de toujours pour tailler trois rosiers chétifs, nous font croire un instant à l’âge d’or de la douceur autarcique. En août nous croyons qu’il suffit qu’un ado avec un vieux t-shirt « Manif pour tous » sonne, au 15 août, les cloches de la chapelle de la propriété familiale en l’honneur des chrétiens d’Orient pour que le monde change. Allons, nous tous, le repos c’est bien mais le quiétisme, au-delà de l’hérésie, c’est l’ennui garanti ! Au boulot. Évidemment que nous avons envie de rentrer : il y a tellement de choses à faire. C’est notre temps à nous catholiques. Il y a une chrétienté à rebâtir et c’est maintenant… Bon courage.

Selon une tradition populaire de Rome, Pasquin était un tailleur de la cour pontificale au XVe siècle qui avait son franc-parler. Sous son nom, de courts libelles satiriques et des épigrammes (pasquinades) fustigeant les travers de la société étaient placardés sur le socle d’une statue antique mutilée censée le représenter avec son compère Marforio à un angle de la Place Navona et contre le Palais Braschi.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneChroniquesPhilosophie

Arrogance et passion de la réforme : la matrice des Lumières

L’Essentiel de Joël Hautebert | Dans Arrogance et manie du changement, le professeur Xavier Martin montre à quel point tous les ingrédients anthropologiques et philosophiques des idéologies modernes sont déjà présents au temps des Lumières et lors de la Révolution. Une humanité sacralisée mais l'homme réel nié, un système déifié et tout remords rejeté : l'esprit de système et l'arrogance des Lumières et des hommes de la Révolution ont investi toute la vie publique en France.

+

lumières réforme
ChroniquesFin de vie

Manipuler les mots pour fabriquer l’opinion

C’est logique ! de François-Marie Portes | Dans le langage actuel, la notion de dignité se transforme en instrument rhétorique et la valeur émotionnelle du vocabulaire prend le dessus sur le sens propre du langage ou du mot utilisé. En faussant les questions, les sondages poussent à répondre dans un sens unique. Le débat sur les mots devrait préexister à celui sur les lois.

+

opinions mots
ChroniquesSpiritualité

Jacob et l’ange, un combat d’amour

Carte blanche de Judith Cabaud | La Genèse est le livre de tous les commencements, et de celui de l’homme racheté. L’histoire de Jacob, en particulier, nous introduit au cœur du mystère de la relation de l’être humain pécheur avec Dieu. Son combat avec l’ange, plus spirituel que matériel, apparaît comme l’image de notre vie.

+

Paul Gauguin 137 jacob
ChroniquesInternational

La guerre : quand le droit empêche de voir la justice

C’est logique ! de François-Marie Portes | Un texto, une phrase peuvent parfois déclencher des montagnes de commentaires. Celui de Donald Trump concernant la paix a fait couler beaucoup d'encre. Il a surtout rappelé que la paix ne repose que sur la volonté de quelques dirigeants, et la fragilité d'un « droit international » qui ne repose, lui, sur rien. La paix et la justice doivent bien être les seules fins poursuivies.

+

guerre paix justice