L’humeur de Pasquin : Sélection

Publié le 15 Mai 2018
L’humeur de Pasquin : Sélection L'Homme Nouveau

L’humeur de Pasquin

Ben oui, monsieur l’étudiant gnangnan, on va te sélectionner. Et si on ne le fait pas « post-bac » on le fera « pré-boulot ». Il faut que tu saches, dès maintenant, que personne n’embauche, en poste à responsabilités, un adultescent invertébré de 30 piges, multirécidiviste de premières années et des occupations, même s’il finit « master deux » en socio à Rennes. Donc à l’entrée ou à la sortie, en début ou en fin de cycle, à un moment donné, il faudra bien qu’on te dise, petit génie, que tu ne fais pas l’affaire. Probablement que tu es intelligent, sûrement que t’es un gars gentil, aucun doute que tu interagis sur les réseaux sociaux, que tu as des « followers » (disciples), des amis sur Facebook et que tu « likes » (aimes) les « post » (publication) qui prônent une société alternative, mais un master en pensée yaourt ou un doctorat en conscience molle, tout le monde s’en fout dans la vraie vie. La fac, vois-tu, ça n’est pas l’école des fans ni la Cotorep des carencés du bulbe, pas non plus un foyer occupationnel, encore moins la crèche où maman te dépose avec ton goûter. Nous, la France responsable et imposable qui allons payer tes études, nous voudrions juste savoir si entre le biberon et le chichon (drogue), il s’est passé quelque chose dans ta vie et dans ta tête. Il faut un poil de sens du travail, d’énergie, de curiosité intellectuelle, de pugnacité, d’envie, pour réussir en fac et dans la vie. Et, quand nous te voyons, nous la France au boulot, avachi dans ta fac occupée et taguée, zadiste de ta friche intellectuelle et manifestant de ton nombril, on se dit que le seul poil que tu as il est dans ta main. Nous n’avons alors que moyennement envie de payer les dégâts et de te refaire une fac toute neuve pour que tu y collectionnes les premières années, les occupations et les dégradations. Non, la faculté n’est pas un dû, elle est un bien commun, celui de la recherche, du savoir, de la connaissance, de la culture, et de la transmission, elle est un héritage ! Le mérites-tu ? 

Selon une tradition populaire de Rome, Pasquin était un tailleur de la cour pontificale au XVe siècle qui avait son franc-parler. Sous son nom, de courts libelles satiriques et des épigrammes (pasquinades) fustigeant les travers de la société étaient placardés sur le socle d’une statue antique mutilée censée le représenter avec son compère Marforio à un angle de la Place Navona et contre le Palais Braschi.

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