Marche pour la Vie, le pari sur l’avenir

Publié le 22 Jan 2018
Marche pour la Vie, le pari sur l'avenir L'Homme Nouveau

Cécile Edel mère de famille et psychologue est également Présidente de l’asociation Choisir la Vie et Vice-Présidente de la Marche pour la Vie, au lendemain de cette manifestation elle a accepté de répondre à nos questions et dresser un bilan ainsi que des objectis.

Au lendemain de cette 13e Marche pour la Vie, un premier bilan ? 

Cécile Edel : Le bilan est bon comme chaque année. Mais il est vrai qu’avec les mauvaises conditions météorologiques que nous avons eues, nous étions encore plus heureux de voir qu’il y avait quand même 40 000 participants1. Donc un grand succès, surtout au moment des états généraux de la bioéthique. Cela permet d’ouvrir le débat sur ces sujets-là. 

Concernant les prises de parole, l’eurodéputé polonais Marek Jurek était présent, nous n’avons pas vu de politiques français monter à la tribune, est-ce une volonté de votre part ou un manque d’engagement de nos hommes politiques ? 

C’est un manque d’engagement. Je regrette que parmi tous les députés, et il y en a beaucoup en France, il n’y en ait que très peu qui défendent la vie de la conception à la mort naturelle, de manière très faible. Il y a un manque de députés qui respectent la vie, c’est très clair, surtout depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Nous avons face à nous plutôt des députés hostiles, voire très hostiles. 

La menace de représailles judiciaires qui pèse sur les opposants à l’avortement dissuade-t-elle les personnalités de prendre la parole ? 

Je ne pense pas. Quand nous observons par exemple le délit d’entrave voté l’année dernière, ce délit d’entrave visait principalement les antennes d’écoute aux femmes en difficulté. Ceux qui sont freinés par ces mesures, ce sont surtout les bénévoles qui aimeraient être engagés dans ces antennes d’écoute, mais qui ont peur des représailles. Les politiques ne sont pas réellement impactés, mais certains sont un peu désespérés de voir que le débat a du mal à s’ouvrir. Je regrette qu’il y ait une telle loi du silence, un tel tabou autour des questions sur l’avortement. Ce qui n’est pas du tout le cas aux États-Unis et nous l’avons vu. La différence devient d’ailleurs énorme avec eux surtout depuis que Donald Trump est intervenu à The March for Life quand nous n’avons toujours pas de politiques qui interviennent à La Marche pour la Vie. 

500 000 personnes défilent aux États-Unis pour la 45e édition, vous annoncez 40 000 marcheurs pour la 13e Marche pour la Vie en France, constatez-vous une progression d’une année sur l’autre ? Quels sont vos objectifs ? 

Je suis dans l’espérance. J’étais présente pour la première marche en 2005 et je vois la différence entre 2005 et 2018. Cette différence est énorme au niveau des chiffres bien sûr : nous avons commencé à seulement quelques milliers. Cette différence est également frappante au niveau du pourcentage de jeunes. Il y avait cette année presque 80 % de jeunes de moins de 30 ans voire moins de 25. C’est extrêmement encourageant pour l’avenir. Ces jeunes sont très motivés, très déterminés et n’acceptent aucun compromis sur le respect de la vie. Nous avons pris exemple sur le modèle américain lorsque nous avons créé la Marche pour la Vie en France et d’ici quelques années je pense que nous arriverons à avoir un chiffre très important parce qu’on n’a pas encore réussi à mobiliser toutes les communautés, toutes les familles. 

Notre objectif n’est pas nécessairement d’être énormément, même si le chiffre aide à gagner. Ce qui est le plus important c’est de garder toujours le même discours, qui est un discours très ferme. C’est notre fidélité, notre clarté et notre détermination qui nous feront gagner.

Comme d’habitude les chiffres sont discutés…

Nous fonctionnons avec un comptage au clic qui est fiable, la difficulté réside dans le fait que tous les marcheurs ne font pas le parcours en entier. Certains partent avant la fin quand d’autres nous rejoignent en cours de route. Nous en tenons compte. En étant présents à cette marche nous pouvions constater être au minimum autant que l’année dernière, ce qui une fois de plus, au vu de la météo, est une belle réussite. 

La Marche pour la Vie est désormais une institution rodée. Prévoyez-vous d’autres actions en plus de ce rendez-vous annuel ?

La Marche pour la Vie est une association qui regroupe plusieurs associations. Toute l’année ces associations œuvrent de leur côté, avec des moyens qui leur sont propres, leurs spécificités, pour le respect de la vie. Toute l’année il y a un continuum d’actions, pas au nom de la Marche pour la Vie mais au nom des associations qui composent en grande partie la Marche pour la Vie. Notre objectif à long terme est d’arriver à être une force de mobilisation toute l’année, avec des opérations coup-de-poing, des mobilisations en dehors du mois de janvier… Si une loi doit passer en milieu d’année, il faut que nous soyons capables de nous mobiliser. Il faut que nous devenions une vraie force de mobilisation. 

1. Selon les organisateurs.

Cecile Edel interrogee par odon de Cacqueray

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