Mont-Saint-Michel (4/9) : La Merveille du Mont et les bâtiments monastiques

Publié le 24 Juil 2024
mont-saint-michel merveille gothique

La Merveille se trouve sur le versant nord de l’île. © Zairon, CC BY-SA 4.0_2

Cet été : Le Mont-Saint-Michel. L'éclat millénaire d'une abbaye

Cet été, L’Homme Nouveau vous propose une sélection d’articles issus de son hors-série n° 52-53 consacré au Mont-Saint-Michel, paru à l’occasion du millénaire de l’abbatiale en 2023. Pour bénéficier de tous les articles de ce hors-série, commandez-le sur notre boutique en ligne👉🏻 Dossier thématique « Millénaire du Mont-Saint-Michel »

Incontestablement le lieu le plus célèbre du Mont, la Merveille contient les bâtiments claustraux gothiques de l’abbaye. Sans que l’on puisse clairement définir la fonction de ces six salles, hormis le cloître et le réfectoire, en raison des divers remaniements de l’histoire, ces prouesses architecturales demeurent, pour le plus grand plaisir des yeux.

  Construite en très grande partie au cours du premier tiers du XIIIe siècle, la Merveille est un édifice emblématique de l’architecture gothique normande qui contient les plus belles salles de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Pendant longtemps, on pensait que sa construction avait été déclenchée par la guerre que menait le roi français Philippe Auguste pour conquérir la Normandie. Au cours des hostilités, le Mont-Saint-Michel avait été assiégé en avril 1204 par Guy de Thouars et ses troupes bretonnes alliés au roi de France. Ne pouvant pas prendre l’abbaye, les soldats mirent le feu au village et les flammes se propagèrent aux bâtiments claustraux qui furent, selon Guillaume le Breton, chroniqueur de Philippe Auguste, réduits en cendre. Comme souvent dans de telles circonstances, le récit du chroniqueur semble exagéré ; plusieurs salles romanes, comme l’Aquilon, le Promenoir des moines et le dortoir, survécurent à l’incendie, comme aussi l’église abbatiale. Et même la Merveille, malgré son apparence gothique, contient encore au moins quelques parties érigées au XIIe siècle. Elles furent réutilisées dans la nouvelle construction menée rapidement après le sinistre sous les abbés Jourdain (1191-1212) et Raoul des Isles (1212-1229). 

Hardiesse architecturale

La Merveille se trouve sur le côté nord de l’église, collée au versant nord du rocher. En raison des conditions topographiques, la construction adopte une forme qui n’a pas d’équivalent parmi les bâtiments claustraux européens : un édifice d’environ 70 mètres de long, qui s’élève au-dessus d’un haut socle jusqu’à 80 mètres au-dessus du niveau de la mer, composé de deux bâtiments contenant chacun trois espaces superposés. La hardiesse de son architecture et la beauté de ses salles lui ont valu le nom de Merveille, terme qui…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Katrin Brockhaus, Historienne de l'art

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureArt et PatrimoineChrétiens dans le monde

Exposition : hommage à Takashi et Midori Nagai

Initiatives chrétiennes (n° 1855) | Dans le sillage des commémorations du bombardement atomique de Nagasaki, une exposition consacrée au docteur Takashi Nagai est présentée jusqu'en juin à Saint-Denis-du-Maine, à la Cité de l'Immaculée. Des liens spirituels rattachent la région à la figure édifiante du scientifique japonais, victime de la bombe avec son épouse Midori. Entretien avec Jacques Charles-Gaffiot, commissaire de l’exposition

+

Takashi et Midori Nagai
À la uneCultureThéologie

Quatre Évangiles authentiques

Carte blanche à Yves Chiron | Les Dominicains d’Avrillé éditent la revue Le Sel de la terre ainsi que des livres et brochures. Le frère Louis-Marie a publié dernièrement Quatre Évangiles solidement attestés, une étude historique sur les évangiles, qui aborde notamment la question des apocryphes.

+

évangiles
CulturePhilosophie

André de Muralt, un aristotélicien et un thomiste dans notre temps

Figure discrète mais essentielle de l’école aristotélicienne et thomiste contemporaine, le philosophe suisse André de Muralt s’est éteint le 13 avril dernier, à l’âge de 94 ans. Se situant à rebours du déconstructivisme alors triomphant, il est demeuré relativement méconnu en France, bien que l’acuité et l’ampleur de ses analyses en métaphysique et en théorie de la connaissance en fassent un auteur incontournable pour quiconque entend sérieusement faire œuvre de philosophe.

+

andré de muralt