Mgr Chappoulie, évêque d’Angers

Publié le 13 Avr 2024
Mgr Chappoulie

© Commulysse

La nouvelle biographie Mgr Chappoulie, de Vichy à l’épiscopat d’Angers écrite par l’abbé Serge-Daniel Ekani est parue fin 2023 aux éditions de L’Harmattan. Sous-titrée « Une vie pour la mission et pour l’Église de France (1900-1959) », elle décrit la vie de celui qui fut le lien entre l’Église et l’État français entre 1940 et 1944, et qui œuvra longtemps dans les organismes missionnaires.

  Issu d’une thèse de doctorat en théologie, ce livre de l’abbé Ekani présente la biographie complète de Mgr Chappoulie, mort prématurément après une carrière ecclésiastique déjà riche. Il fut d’abord attaché aux œuvres missionnaires : secrétaire de l’Œuvre de la Propagation de la Foi de 1931 à 1933, puis secrétaire général et enfin président en 1936, tout en devenant l’année suivante directeur national de l’Œuvre missionnaire du Clergé. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il eut la charge délicate d’être le délégué permanent de l’Assemblée des cardinaux et archevêques auprès du gouvernement de l’État français. En 1945, il fut le premier directeur du Secrétariat de l’épiscopat. Nommé évêque d’Angers en 1950, son épiscopat fut interrompu par sa mort accidentelle sur un quai d’Abidjan en 1959. Dans ses fonctions au service des missions, Mgr Chappoulie s’est montré attentif à l’enseignement de l’Église sur la colonisation. Il écrit en 1946 : « La France a depuis longtemps conçu son œuvre coloniale comme l’accomplissement d’une tâche civilisatrice. Les populations indigènes soumises à son autorité, elle ne veut pas les exploiter, mais les éduquer. » En 1958, il plaide pour « l’acheminement progressif des populations de notre ancien empire colonial vers une forme d’autonomie, voire d’indépendance, sagement adaptée aux conditions politiques et économiques du monde moderne ». Sur le plan religieux, dès le début de ses fonctions dans les organismes missionnaires, il se fait le défenseur d’un clergé et d’un épiscopat autochtones, ce qui était l’enseignement des papes depuis au moins le XVIIe siècle. Dans sa délicate mission à Vichy, de 1940 à 1944, pendant laquelle il est reçu à de nombreuses reprises par le maréchal Pétain, il pratique, comme l’ensemble de l’épiscopat français, ce qu’on a appelé un « loyalisme sans inféodation ». Il défend l’enseignement libre, s’attache à améliorer le statut des congrégations religieuses interdites ou entravées par la loi de séparation de 1905, prend position contre la persécution des Juifs. Évêque d’Angers, se montra-t-il comme « un théologien avant-gardiste », comme l’écrit l’auteur ? Les déclarations et textes cités ne permettent pas de lui attribuer…

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Yves Chiron

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