On ne choisit jamais que la vie

Publié le 11 Mar 2023
vie

Allons-nous une fois de plus vers une défaite législative, sociale et morale ? Les avancées vers la légalisation de l’euthanasie semblent le prouver. Cependant, il est toujours possible de convaincre nos concitoyens de l’impasse que représente la mort prétendument « choisie ». En s’appuyant sur la sagesse antique comme sur les soins palliatifs, et surtout sur la certitude de la Résurrection, les catholiques ont plus que jamais une mission essentielle à remplir.

  • Ni défaitisme dans mon propos, ni volonté de démobiliser tous ceux qui tiennent bon, mais il semble qu’une victoire au Parlement pour empêcher une loi autorisant l’euthanasie et le suicide assisté soit, sauf miracle, bien peu probable. La Convention citoyenne sur la fin de vie (1) est un stratagème qui vise à la rendre inéluctable, et une manière d’officialiser l’opinion dominante en lui donnant une fausse légitimité démocratique. Car quelle est la légitimité d’un mandat confié à des citoyens tirés au hasard ?

Ayant déjà, à cinq reprises (2), dénoncé les sophismes employés depuis de nombreuses décennies pour tromper l’opinion et analysé leurs formes logiques, tentons aujourd’hui d’élargir la question en la prenant cette fois dans son fond : la nature du problème est la vie et sa fin visible, la mort. Si l’on ne peut changer l’opinion par la seule bataille des idées, ne le pourrait-on pas d’une autre manière ?

  • Disons d’abord que la logique implicite des partisans de l’euthanasie est celle d’une maîtrise de sa propre mort au nom de la liberté. Il y a là une fausse fenêtre dessinée sur l’horizon de notre existence : le choix de la mort serait une option équivalente à celle du choix de vivre. Alors que le bien éclatant que représente ce don de la vie ne saurait être mis en comparaison avec le mal obscur que représente la mort.

De plus, ce que l’on choisit, c’est d’entretenir sa vie, de la défendre éventuellement, de la mener à sa fin heureuse, mais la vie elle-même est un don gratuit qui nous dépasse, que l’on accueille sans le choisir. La mort physique, corporelle, celle que l’on expérimente chez les autres et que l’on craint pour soi-même est, à sa manière…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Bruno Couillaud

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéBioéthiqueÉducation

La santé, cache-sexe de l’idéologie progressiste

La mainmise de l’État sur tous les domaines de la vie est particulièrement flagrante dans ce qu’il est convenu d’appeler la « santé sexuelle ». Sous le prétexte sanitaire se dissimule une nouvelle « morale » qui risque de condamner à terme toute résistance à une idéologie encourageant les comportements les plus déviants et toute référence à l’Évangile.

+

santé sexuelle gouvernement
Société

Mettre le feu

L’Essentiel de Joël Hautebert | Deux événements de ces derniers jours font ressortir le contraste brutal entre la jeunesse chrétienne et celle des lycéens en colère. Mais quoi d’étonnant pour celui qui sait ce qui enflamme les uns et les autres ? Une feuille de route a été donnée par Léon XIV à ceux qui recherchent la vie éternelle, laquelle ne leur sera offerte qu’au bout d’un engagement spirituel enraciné dans le charnel.

+

feu jeune jeunesse pape manifestations
SociétéLectures

Comment je suis devenu petit !

Carte blanche à Yves Chiron | Anthony Aubé a 42 ans et mesure 1,15 m. Il est atteint d’une pathologie désormais bien identifiée : la DSEC (dysplasie spondylo-épiphysaire congénitale), une des formes de ce que l’on appelait jadis le « nanisme ». Dans Comment je suis devenu petit !, il s’exprime sur ses difficultés de santé, ses défis scolaires et professionnels mais aussi sur le droit à la vie.

+

Anthony Aubé nain petit livre
Société

Avis d’épidémie en année électorale

C’est logique ! de François-Marie Portes | Les débats en vue de l'élection présidentielle abondent. Un peu de logique... et d'humour peuvent aider à appréhender sereinement ces élections et y voir clair dans les divers discours.

+

élection présidentielle électoral épidémie
SociétéÉducation

Éducation nationale : de l’impasse à l’hypocrisie

Entretien | Benoît Champagne exerce comme professeur de lettres à Trappes, en réseau d’éducation prioritaire (REP+). Les lycées locaux ont été le cadre de troubles et de violences, à l’heure des blocages. Mais c’est une interrogation sur toute l’Éducation nationale qu’il convient de poser.

+

blocage lycée éducation nationale
SociétéArt et Patrimoine

Le sens de la pente

Carte blanche à Marie Piloquet | Le Beau n’advient pas seul. Il lui faut, pour le faire éclore, une tension certaine, le choix de la persévérance, le goût de l’ascèse et la transmission. Le chemin n’est pas lisse et la pente a un sens.

+

musique classique pente Ephata