Clarification sur la labellisation des médias

Publié le 09 Jan 2026
label médias

La labellisation de l’information risque de supprimer le débat.(Drazen Zigic/Freepik)

> C’est logique ! de François-Marie Portes
À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

  Le débat public autour de la « labellisation des médias » repose sur une distinction apparemment simple : il y aurait d’un côté l’information, objective et vérifiable, et de l’autre l’opinion sur l’information, subjective et discutable. Au-delà des questions techniques ou politiques, et de la recherche presque infinie du « fait » brut, se proposent à nous des questions plus profondes concernant la nature du discours et la relation au vrai. La philosophie antique peut ici servir de guide.

Quelle fiabilité ?

Depuis plusieurs années, on voit émerger des dispositifs visant à classer, noter ou certifier les médias selon la fiabilité de leurs contenus. Ces initiatives supposent que l’on puisse identifier avec netteté ce qui relève de l’information et ce qui relève de l’opinion. Or le champ médiatique contemporain, entendons par là les médias de radio, télévision, presse numérique et papier mais aussi les réseaux sociaux et l’ensemble de la « toile » qu’est Internet, brouille ces catégories : un même média peut mêler un discours sur les « faits » bruts (ou information), analyses, interprétations et commentaires (ici, opinion). Et même le simple choix des « faits » à présenter peut déjà se constituer suivant un premier niveau d’opinion. On parlera alors de « ligne éditoriale ».  En parallèle de cette nébuleuse, émerge l’idée que l’information médiatique est un flux, insaisissable puisque la pensée de la journée est remplacée et oubliée au profit de celle du lendemain. Ainsi, pour saisir la possibilité d’un critère de jugement sur les médias, c’est en amont de ce flux, au niveau des définitions mêmes de ce que sont l’information et l’opinion, qu’il faut opérer un discernement. En logique aristotélicienne, toute analyse rigoureuse commence par l’examen de la définition des termes. Aristote rappelle qu’une définition se construit en plaçant le concept à définir dans une grande catégorie, puis on spécifie ce concept au sein de cette catégorie. L’information et l’opinion appartiennent toutes deux à la catégorie du discours qui est une « action de rendre en mots une pensée ». Ce qui les distingue, c’est leur rapport respectif à la…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

François-Marie Portes

Ce contenu pourrait vous intéresser

Société

Pas de culture chrétienne sans Dieu

L’Essentiel de Joël Hautebert | De multiples motivations et intentions expliquent un regain de revendication de la culture française et chrétienne. Mais on ne peut vouloir une civilisation chrétienne en évacuant son fondement, Dieu, dans le mystère de la Sainte Trinité.

+

culture chrétienne
Société

Europe : les chrétiens sont-ils en danger ?

Entretien | Fin décembre, le Centre européen pour le Droit et la Justice (ECLJ) a publié un rapport alarmant sur la haine antichrétienne en Europe. Son auteur, Thibault van den Bossche, dresse ici un état des lieux alarmant et préconise essentiellement des moyens d’action inscrits dans le système juridique européen.

+

haine anti chrétien
SociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
SociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie