Jerzy Popiełuszko (2/3) : Le catholicisme, âme de la résistance en Pologne 

Publié le 28 Nov 2024
Pologne

L’élection puis la venue de Jean-Paul II, pape polonais, dans son pays en 1979, ravivèrent la résistance de ses compatriotes;

> Dossier : « Martyre du père Popiełuszko : la force irrésistible de la vérité »
À travers les persécutions de l’occupation nazie puis la mainmise communiste sur la Pologne, la foi catholique résista à toutes les tentatives d’éradication puis finit par triompher du régime, non sans sacrifices de la part de ses défenseurs, poursuivis, emprisonnés voire assassinés.

  1944-1989 : 45 ans d’occupation communiste, après cinq années de martyre sous le joug de l’Allemagne nazie. L’histoire de la Pologne a été profondément marquée par cette période tragique, qui ne fut que l’ultime phase d’une interminable soumission à des puissances étrangères, depuis la fin du XVIIIe siècle. Malgré ces décennies d’avanies et de souffrances, la Pologne a résisté parce qu’on n’a jamais pu atteindre son âme. Et cette âme de la Pologne, c’est le catholicisme.

Un athéisme d’état

L’établissement de la République populaire de Pologne en 1952, huit ans après l’invasion soviétique, fut caractérisé par l’imposition d’un athéisme d’état, à l’instar de l’URSS et des autres pays soumis au joug communiste en Europe de l’Est. La répression de toute forme de résistance fut organisée par le ministère de la Sécurité intérieure. L’Église catholique fut placée sous une surveillance particulière, lorsque le Vatican refusa de reconnaître l’État communiste polonais et soutint le gouvernement en exil à Londres. En 1950, un accord fut signé entre le pouvoir communiste et l’épiscopat. Néanmoins, la répression politique perdura jusqu’à la mort de Staline, en 1953. Le processus de déstalinisation amorça une certaine détente, qui fut toutefois de courte durée. En 1959, l’enseignement religieux fut supprimé dans les écoles publiques. En 1966, le gouvernement refusa un projet de voyage apostolique du pape Paul VI, à l’occasion du millénaire de la Pologne. L’élection du cardinal Wojtyła comme pape, en 1978, encouragea le mouvement de résistance face à une dictature en plein essoufflement. La visite du jeune pape, en 1979, qui attira des centaines de milliers de catholiques, fut l’occasion d’un discours particulièrement saisissant de Jean Paul II, qui insista sur l’identité chrétienne de la Pologne, défendit l’authentique liberté et l’indépendance de la nation polonaise, fustigea l’athéisme. Un véritable réquisitoire contre le pouvoir communiste. Les années 1980 furent marquées par une alliance décisive entre l’Église polonaise et les mouvements de revendication populaire (en particulier…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Jacques Dumesniel

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (1/3) : Ce que je dois au rite byzantin

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | À 21 ans, le père Louis-Marie de Blignières, fondateur par la suite de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, assistait pour la première fois à un office religieux selon le rite byzantin, dans l'une des plus anciennes églises parisiennes. Plus d'un demi-siècle après, il mesure combien cette rencontre presque fortuite a nourri sa spiritualité et sa compréhension de la complémentarité entre l'Orient et l’Occident. Un précieux témoignage liturgique.

+

liturgie byzantine
À la uneÉgliseLéon XIV

Léon XIV : « L’histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine »

Commentaire du Pape | Du 19 au 21 octobre 2026, le Dicastère pour la Cause des Saints organisait un congrès international sur « La sainteté dans l’Histoire ». Dans son discours de clôture, Léon XIV a affirmé que « l'histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine ». Il a aussi insisté sur  la nécessité d'une rigueur historique stricte dans les processus de canonisation.

+

saint dicastère Léon XIV pape
À la uneÉgliseSpiritualité

La Toussaint : fête des vivants

Carte blanche à Judith Cabaud | Le 1er novembre, l’Église catholique célèbre la fête de tous les saints – connus ou inconnus. Par extension, le lendemain, le 2, on commémore tous les fidèles défunts. Dans l’Évangile, la mort n’est pas une fin absolue, mais une promesse de vie et de résurrection.

+

Toussaint saint ciel défunt novembre
Église

L’apostolat de la Fraternité Saint-Pierre à Fribourg

Carte blanche à Yves Chiron | La Fraternité Saint-Pierre (FSSP) a d’abord eu son siège à Wigratzbad, en Allemagne, où se trouve son séminaire international. En 2003, la Maison générale a été transférée à Fribourg, en Suisse. L'apostolat s’y exerce dans la basilique Notre-Dame, la plus ancienne église de la ville, avec la messe, des confessions, du catéchisme pour enfants ou adultes et des groupes de prières.

+

fribourg fssp Fraternité Saint-Pierre
ÉgliseLiturgie

Les saints, notre famille du Ciel

L’esprit de la liturgie | La célébration de la Toussaint est l'occasion de nous rappeler que nos appuis, nos intercesseurs et nos modèles sont tous les bienheureux qui nous ont précédés au Ciel et auxquels nous nous unissons à travers l'imitation du Christ.

+

Toussaint saints