Quas Primas (3/4) : La royauté du Christ, une évidence biblique

Publié le 10 Déc 2024
quas primas roi messie

L’intronisation royale du Christ se fit à la Passion et commença lors des Rameaux.

Dossier | 1925-2025 : « Aux origines de la fête du Christ-Roi »
Les Écritures sont remplies de l’attente messianique d’un roi à laquelle l’Incarnation donne une nouvelle dimension, après l’échec de la dynastie davidique à laquelle avait pourtant été promise une stabilité éternelle. L’actualité de cette royauté est attestée jusque dans l’Apocalypse, ou révélation, ainsi que le souligne Quas Primas.

  L’encyclique Quas Primas cite abondamment l’Ancien et le Nouveau Testament pour enseigner la royauté de Jésus-Christ. Toutes ces citations font référence à l’espérance messianique d’Israël. Reprenons-en l’origine et le développement. « Messie » (Christ en grec) signifie « celui qui a reçu l’onction ». Tout roi en Israël est messie, car il a été oint d’huile sainte par le grand prêtre lors du rituel de consécration royale (1 R 1, 39). À cette royauté d’Israël est attachée une mystérieuse promesse divine faite à David par le prophète Nathan : « Ta maison et ta royauté seront pour toujours stables, ton trône pour toujours affermi » (2 S 7, 16).

Un long appel

Mais cette dynastie ne dura que 400 ans, jusqu’à la ruine de Jérusalem et la déportation à Babylone. Désormais, il n’y eut plus de roi davidique régnant, ce qui ouvrit une crise spirituelle au sein du peuple élu. Le Psaume 88 est un long rappel de la promesse de Dieu et un cri d’angoisse face à la situation présente : « Tu as renié l’alliance avec ton serviteur, jeté à terre et profané son diadème. Tu as mis fin à sa splendeur et renversé à terre son trône » (Ps 88, 40. 45). Désormais, l’attente messianique se doublait d’une attente eschatologique : l’Israël fidèle conserva pendant plus de cinq siècles la certitude que Dieu, par des voies connues de lui seul, rétablirait la monarchie davidique. Durant cette interminable période d’attente, les prophéties développaient considérablement les dimensions de cette royauté : le roi d’Israël régnera sur toute la terre, éternellement : « ton trône, ô Dieu, est éternel » (Ps 44, 7). Ici comme au Psaume 109, 1, le messie royal est nommé « Dieu ». Le Psaume 71 célèbre ainsi ce roi attendu : « Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront ; qu’il se fasse un nom éternel et que toutes les nations le disent bienheureux » (Ps 71, 10. 17). Au début du livre de Daniel, le prophète révèle au roi Nabuchodonosor sa vision symbolique et lui en donne l’explication : après quatre royaumes qui dominent le monde connu (où…

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Abbé Henri Vallançon

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