Quatre Évangiles authentiques

Publié le 09 Mai 2026
évangiles

Abraham Bloemaert, Les quatre évangélistes (c. 1612).

> Carte blanche à Yves Chiron
Les Dominicains d’Avrillé éditent la revue Le Sel de la terre ainsi que des livres et brochures. Le frère Louis-Marie a publié dernièrement Quatre Évangiles solidement attestés, une étude historique sur les évangiles, qui aborde notamment la question des apocryphes.

  La Fraternité Saint-Dominique, installée à Avrillé (49), est en marge de l’Ordre dominicain et elle est très liée à la Fraternité Saint-Pie X, ce qui signifie qu’elle n’est pas en communion complète avec le Saint-Siège. Mais dans sa revue (Le Sel de la terre) et par ses éditions, à côté d’analyses contestables, on trouve des études très intéressantes. Par exemple, les brochures, très solidement argumentées, du frère Louis-Marie consacrées aux Évangiles. Après avoir publié Jésus face aux mythistes, qui est une réponse aux auteurs anciens ou récents (Michel Onfray) qui contestent l’existence historique de Jésus, il publie une étude historique sur les Évangiles. Pourquoi l’Église n’en a-t-elle retenu que quatre, considérant les autres écrits portant ce nom (Évangile de Thomas, Évangile de Marie, etc.) comme des apocryphes ? Quelle valeur accorder à ces écrits non canoniques ? Ces questions n’intéressent pas seulement les spécialistes des Écritures saintes ou les historiens. Les médias de masse (télévision, cinéma, romans) et désormais les réseaux sociaux (notamment TikTok) diffusent sur le sujet des erreurs grossières qui peuvent troubler les fidèles comme les incroyants. Le frère Louis-Marie cite dans son introduction cette affirmation de Dan Brown dans le Da Vinci Code, roman mondialement diffusé : « Plus de quatre-vingts Évangiles auraient pu figurer dans le Nouveau Testament, mais seulement quatre d’entre eux ont été retenus […] La Bible, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a été collationnée par un païen, l’empereur Constantin le Grand. » En trois lignes, il y a trois affirmations fausses. Même le milieu scientifique ou universitaire diffuse, sur ces questions, des thèses aventurées ou très contestables, parfois même des canulars. Ainsi, dans le premier volume des Écrits apocryphes chrétiens publié en 1997 dans la très réputée Bibliothèque de la Pléiade, on trouve un supposé Évangile secret de Marc. Le manuscrit aurait été découvert et photographié en 1958 par Morton Smith, un prêtre épiscopalien américain, professeur d’histoire de l’Antiquité à l’université Columbia. Or, dès sa publication, en 1973, l’authenticité du document a été contestée. Aujourd’hui, plus aucun spécialiste de la question ne considère cet écrit comme authentique. Dans son étude, le frère Louis-Marie procède par questions simples…

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Yves Chiron

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