Racine (2/8) : Du séjour d’Uzès à la rupture avec Port-Royal

Publié le 05 Août 2024
port-royal Uzès racine

Le pavillon Racine à Uzès. © Daniel VILLAFRUELA, CC BY-SA 3.0

Cet été : Jean Racine, un dramaturge chrétien

Cet été, L’Homme Nouveau vous propose une sélection d’articles issus de son hors-série n° 56 consacré au dramaturge Jean Racine. Pour bénéficier de tous les articles de ce hors-série, commandez-le sur notre boutique en ligne. 👉🏻 Dossier thématique « Racine, un dramaturge chrétien »

 

Après les Petites écoles de Port-Royal et le collège d’Harcourt, Racine emménage avec son oncle Nicolas Vitart, puis séjourne à Uzès en vue d’un bénéfice ecclésiastique. Il renonce finalement pour répondre à sa vocation naissante de poète tragique, quitte à se retourner contre Port-Royal. 

 

Une vocation qui se cherche

Désargenté à sa sortie du collège d’Harcourt, mais accueilli à l’hôtel de Luynes par Nicolas Vitart qui en est l’intendant, Racine mène joyeuse vie avec son cousin Antoine et des amis choisis, dont le jeune abbé Le Vasseur et Jean de La Fontaine, son parent éloigné. Il écrit, mais propose en vain à Molière une pièce de théâtre (aujourd’hui perdue), publie une Ode pour le mariage du roi, La Nymphe de la Seine à la Reine, et annonce en juin 1661 le plan d’une nouvelle pièce dont Ovide est le héros. Mais dès octobre il quitte Paris pour Uzès. Un de ses oncles Sconin, chanoine, ancien supérieur des génovéfains et vicaire général de l’évêché d’Uzès, lui offre la perspective d’un bénéfice ecclésiastique.

Un séjour ambigu

TAbleau 2 Uzes Citation Racine 3.0 racine

La ville d’Uzès garde la mémoire du passage du dramaturge en ses murs à partir d’octobre 1661. © Daniel VILLAFRUELA, CC BY-SA 3.0

Racine reste à Uzès environ dix-huit mois ‒ un trou dans sa correspondance empêche de connaître avec précision la date de son retour à Paris ‒, mais son séjour est ambigu à souhait. L’oncle croit à l’avenir ecclésiastique de son neveu, le revêt de noir des pieds à la tête, le plonge dans la lecture de saint Thomas, mais tentera sans succès d’obtenir l’autorisation administrative de le tonsurer. Racine joue le jeu, mais il écrit à La Fontaine : « Il faut être régulier avec les réguliers, comme j’ai été loup avec vous et avec les autres loups vos compères » ; ce qui laisse rêveur sur ses motivations. Un bénéfice lui passe sous le nez, il décide d’en attendre un autre : « Je gagnerai cela du moins que j’étudierai davantage et…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Marie-Joëlle Guillaume

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureArt et Patrimoine

Raphaël Toussaint : 60 ans de regards sur la Vendée 

Cela fait plus de 60 ans que Raphaël Toussaint, surnommé le « Peintre de la Vendée », représente les paysages et les scènes de son pays. À cette occasion, une quarantaine de ses œuvres sont dévoilées dans une exposition rétrospective au Logis de la Chabotterie (Vendée) en dialogue avec quelques-unes de René Robin, son mentor et beau-père. 

+

chabotterie Raphaël Toussaint peintre de la Vendée
À la uneCultureArt et Patrimoine

L’exposition : Artistes au Muséum

À l’occasion des 400 ans de sa création, le Muséum national d’Histoire naturelle donne à voir ses collections artistiques dans une exposition intitulée « Artistes au Muséum ». Depuis les explorations scientifiques jusqu'aux artistes contemporains, on y découvre les liens étroits entre art et sciences.

+

exposition museum nature
Culture

Choses vues sur les routes de France par Gilles Kepel

Politologue et spécialiste de l’islam, Gilles Kepel a relié à pied Notre-Dame du Puy à Saint-Gilles-du-Gard (30) et livre dans un ouvrage personnel le récit de son périple et des réflexions que celui-ci a fait naître. Un pèlerinage plus historique et sociologique que religieux.

+

Gilles Kepel