Rapport sur le sexisme : un bilan biaisé et lacunaire

Publié le 03 Fév 2023
sexisme

Un énième rapport sur l’égalité des sexes vient de paraître : mêmes idéologies, même inanité !   Le mince document publié par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE), se lit comme une lamentation aux accents victimaires. Faut-il que les femmes soient jugées incapables de se défendre elles-mêmes pour qu’un organisme d’État soit chargé de le faire à leur place ! Mais au-delà de la dénonciation des « violences sexistes et sexuelles », des hommes qui ne s’impliquent pas assez dans les tâches ménagères, ou de la montée d’un parti « viriliste » comme Reconquête !, le rapport est surtout un manifeste féministe, ce qui n’a rien d’étonnant vu l’identité de la présidente du HCE, la journaliste Sylvie Pierre-Brossolette. Elle « twittait » le 22 février 2022 : « Il faut en passer par la constitutionnalisation du droit à l’IVG. Comme le disait la féministe américaine Gloria Steinem : “Si les hommes pouvaient tomber enceints, l’avortement serait un sacrement.” » Aussi le rapport du HCE se félicite-t-il de ce qu’en France de « nouvelles dispositions favorables aux femmes » aient « permis des avancées importantes (contraception gratuite pour les moins de 25 ans, délai d’IVG allongé, PMA pour toutes…) ». Le HCE milite pour que les hommes soient des femmes comme les autres et que les femmes soient des hommes comme les autres. Un bémol toutefois : lorsqu’on promeut l’égalité « femmes/hommes » (et bien dans cet ordre !), les revendications « transgenre » et autres gommages de l’identité sexuelle deviennent plus malaisés. Comment accuser les hommes, tous azimuts, tout en niant les différences entre les sexes ? À l’État de les compenser, répond en substance le HCE. Il faut « agir sur les mentalités » en obligeant fabricants et diffuseurs à « dégenrer les jouets destinés aux enfants dès la naissance ». Il faut systématiser « l’élaboration de budgets genrés » pour que toute dépense publique favorise l’égalité, ou encore adopter un « plan national d’orientation professionnelle pour orienter les jeunes filles vers les programmes scientifiques ». Qu’elles le veuillent ou non ? Le HCE propose une extension de « l’égaconditionnalité », terme barbare qui limite l’octroi de subventions publiques à ceux qui mettent en œuvre et promeuvent l’égalité – et ce notamment dans le domaine des aides à la presse. Les préoccupations du HCE touchent à l’intime et au quotidien : il note, à la suite d’une enquête auprès de 2 500 personnes,…

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Jeanne Smits

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