Réseaux sociaux : le réel, nécessaire à la formation intellectuelle (2/4)

Publié le 22 Fév 2023
réseaux sociaux

Réseaux sociaux :  les écrans omniprésents dans la vie quotidienne, y compris celle des très jeunes, soulèvent beaucoup d’interrogations chez les parents. Quels bienfaits, quelle nocivité, quelle utilisation, à quelle fréquence ? Une orthophoniste décrit l’interaction écrans-cerveau et les conséquences sur le développement cognitif des enfants.   «À quelle fréquence votre enfant regarde-t-il un écran ? » Cette question est incontournable parmi celles que l’on pose au cours d’un bilan orthophonique. Des réponses variables plus ou moins teintées de culpabilité y sont apportées, la plus extrême que j’aie entendue fut un déni total des risques encourus : « Mes filles regardent beaucoup toutes sortes d’écrans, je ne crois absolument pas à tout ce qu’on lit sur les effets nocifs. » Sans être alarmiste, il faut être conscient des enjeux. Nous n’aborderons pas ici les effets négatifs sur la santé physique (ORL, ophtalmologique, poids…), mais nous envisagerons l’impact cognitif de l’utilisation des écrans. Ils sont devenus indispensables dans notre quotidien et les enfants y sont nécessairement confrontés, ne serait-ce qu’en voyant leurs parents utiliser leurs smartphones. Selon les familles ils disposent aussi de tablettes, d’ordinateurs, de consoles de jeux, de télévision… le temps est loin où seule cette dernière pouvait captiver l’attention des enfants au point de les éloigner de leurs jouets, et commençait à perturber les interactions familiales ! Or c’est bien sur ces deux points notamment qu’existent des risques non négligeables, en cas de mésusage. Quand un enfant est devant un écran, la vision et l’audition seules sont sollicitées : le sens du toucher ne l’est pas. Or les capacités de raisonnement logique se développent essentiellement par la manipulation (1) : par exemple, le concept de grandeur – « plus grand que », « plus petit que » – va être acquis par l’enfant par la répétition d’actions de transvasement d’un liquide d’un récipient à un autre (jeux de bain, bac à sable), par des jeux d’encastrement, de construction, accompagnés des commentaires verbaux de l’adulte. L’enfant procède par « essai-erreur » : il essaie plusieurs fois de mettre le plus gros cube dans le plus petit, jusqu’à ce qu’il ne se trompe plus parce que sa vision seule lui permet d’évaluer les tailles. En partant des informations concrètes apportées par ses sens, il peut progressivement comprendre les concepts abstraits. Le priver de ces manipulations en le mettant devant un écran réduit donc ses chances de développer ses capacités logiques. Pourtant les enfants ont soif de manipuler : nombre…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Marie des Roches, orthophoniste

Ce contenu pourrait vous intéresser

SociétéEglise de France

Pandémie : un avant-goût de la restriction des libertés fondamentales ?

Entretien | Le colloque « Pandémie, Droit et Cultes » s’est tenu à Paris en mars 2022. Ses actes rappellent qu’entre 2020 et 2022, les prérogatives de l’État ont été augmentées de manière extraordinaire au détriment des libertés essentielles, dans un renversement complet de la hiérarchie des biens. Une situation dangereuse qui pourrait bien se reproduire sous des prétextes variés. Entretien avec Guillaume Drago, co-organisateur du colloque et professeur de droit public à l’université de Paris-Panthéon-Assas.

+

pandémie liberté de culte
A la uneSociétéBioéthique

Fraternité et euthanasie : un débat sciemment faussé

Faisant droit aux revendications anciennes et répétées de certaines associations, le président Macron vient d’annoncer une loi sur l’euthanasie. Mais en usant d’un registre lexical détourné qui évoque l'« aide à mourir », l’autonomie de l’individu, les « conditions strictes » et la « fraternité »... Toutes expressions trahissent le sophisme, l’influence des officines francs-maçonnes, la solution miraculeuse aux déficits et surtout la crainte d’un vrai débat.

+

fraternité euthanasie
A la uneSociétéBioéthique

50 ans de résistance à l’avortement (3/3) : Combat contre l’avortement et transition postdémocratique

Question disputée | Combattre à temps et à contretemps en faveur de la vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle, est une urgence née des lois mortifères mises en place par un système politique qui, loin d'être neutre, a rompu dès ses origines avec les exigences de la loi naturelle. Dès lors, n'est-il pas nécessaire de finaliser ce combat particulier en l'insérant dans une perspective plus large ?

+

AdobeStock 417378513 avortement
SociétéLectures

Faire durer son mariage, un état d’esprit

Entretien | Ancien officier devenu psychologue clinicien, Marc d’Anselme milite pour l’amour durable, titre de son livre. Sa perspective originale consiste à voir le mariage comme une mise à l’épreuve des conjoints pour une restauration de leur personnalité, à travers quatre processus psychiques. Un chemin qui fait écho à la vision chrétienne du mariage comme voie de sainteté.

+

mariage