> L’Essentiel de Thibaud Collin
En toutes circonstances, le Christ est roi de l’univers, ainsi que nous le rappelait Pie XI, il y a un siècle. Mais dans notre pays redevenu terrain pour la mission, c’est aux baptisés de le faire connaître et de le faire aimer, afin qu’il soit reconnu comme tel et que soit réalisé au mieux le Royaume.
À quelques jours de la fête de Pâques où des milliers de catéchumènes vont être baptisés et en cette année où nous faisons mémoire du centenaire de l’encyclique de Pie XI Quas Primas sur le Christ-Roi, il convient de méditer sur le lien intrinsèque entre royauté du Christ et mission. Rappelons que dans ce texte le Pape affirme l’effectivité de cette royauté sur l’univers naturel et social. « Il est de toute évidence, affirme Pie XI, que le nom et la puissance de roi doivent être attribués, au sens propre du mot, au Christ dans son humanité ; car c’est seulement du Christ en tant qu’homme qu’on peut dire : “Il a reçu du Père la puissance, l’honneur et la royauté” (Dn 7, 13-14) ; comme Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, il ne peut pas ne pas avoir tout en commun avec le Père et, par suite, la souveraineté suprême et absolue sur toutes les créatures. » (n. 4) Dès lors, il est important de comprendre que la royauté de Jésus n’est pas comme telle l’objet d’un programme humain à réaliser. Le Christ EST roi de l’univers. Mais cette thèse de l’effectivité de cette royauté pose deux questions. Comment expliquer que cette effectivité soit si voilée voire invisible, manifestant ainsi un décalage entre deux niveaux de réalité, l’une surnaturelle et l’autre sociale ? Et quelles conséquences pratiques, nous, fidèles du Christ, devons-nous en tirer ?
Une réalité spirituelle mais pas uniquement
La réalité du royaume du Christ « est avant tout spirituel[le] » affirme Pie XI (n. 11) mais elle ne doit pas être réduite à cette seule dimension. « Ce serait une erreur grossière de refuser au Christ-Homme la souveraineté sur les choses temporelles, quelles qu’elles soient : il tient du Père sur les créatures un droit absolu, lui permettant de disposer à son gré de toutes ces créatures. » (n. 12) Et de continuer : « Néanmoins, tant qu’il vécut sur terre, il s’est totalement abstenu d’exercer cette domination terrestre, il a dédaigné la possession et l’administration des choses humaines, abandonnant…