La dévotion au père adoptif du Christ a pris depuis Pie IX et la fin du XIXe siècle une importance grandissante. Mais déjà saint François de Sales en son temps faisait parler le témoin silencieux de la Sainte Famille. Un enseignement et un encouragement à la dévotion à saint Joseph remis à la disposition des lecteurs avec ce livre.
Extrait de l’introduction
par un chanoine de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre
Ite ad Joseph !Qui n’a jamais vu cette inscription sur un panonceau ou au-dessus d’une statuette du saint patriarche ? Allez à Joseph ! Ce n’est pas une invocation mais bien une exhortation, un encouragement à aller à la rencontre de celui qui fut le père nourricier de Jésus.
Ces trois mots nous viennent tout droit de l’Ancien Testament. Pharaon parlant du patriarche homonyme, de l’homme aux songes, de celui à qui il a donné le second rang en Égypte, juste après lui, emploie ces mots : « Allez à Joseph et faites ce qu’il vous dira » (Gn 41, 45). Au moment de la famine, après les sept années de vaches grasses, il n’existe qu’un seul recours : aller à Joseph. Même sa famille viendra à lui pour recevoir ses bienfaits, accomplissant ainsi les songes du dernier des fils de la tribu de Jacob.
Cette expression a été reprise avec bonheur par la piété chrétienne pour indiquer la direction de nos prières en cas de nécessité, le modèle à contempler pour l’acquisition des vertus : Allez à Joseph ! Les souverains pontifes eux-mêmes, spécialement depuis cent cinquante ans, ont usé de ces mots pour porter les fidèles à solliciter l’intercession bienveillante de saint Joseph.
Du bienheureux pape Pie IX au pape François, une sorte de constance magistérielle s’impose progressivement, non que tous les papes disent exactement la même chose, mais tous désormais parlent de saint Joseph. Ce dernier est devenu objet du magistère ordinaire.
Mais cela n’a pas toujours été. La doctrine chrétienne se désenveloppe en effet progressivement. Au fil des siècles, l’Église voit toujours mieux les richesses de la Révélation. Le contenu du dépôt de la foi ne change pas et l’Église n’ajoute rien à celui-ci ; elle ne fait que découvrir ce qui est déjà présent. Le cardinal Journet a cette belle image d’une rose qui éclôt et laisse ainsi apparaître petit à petit tous ses pétales, même les plus cachés.
Une meilleure compréhension
Les théologiens ont ici leur rôle à jouer. Grâce à leur réflexion, leurs développements, leurs mises en rapport des mystères divins les uns avec les autres, la lumière sur tel sujet de doctrine apparaît. Ils permettent, sous la vigilance nécessaire du magistère qui est leur norme prochaine, une meilleure compréhension de la Révélation.
Saint François de Sales est l’un d’eux. Et non des moindres puisque, non content d’être canonisé, il sera aussi proclamé Docteur de l’Église. Il est un maillon de la transmission de la doctrine et de la réflexion théologique sur saint Joseph depuis les Évangiles jusqu’à nos jours. Maillon qui ne se contente pas de rapporter ce que les siècles passés ont pu dire mais qui va l’enrichir de sa propre réflexion et de sa manière propre de s’exprimer.
C’est l’objet de ce livre. Ainsi, chose paradoxale, les docteurs et théologiens, dont notre grand saint, ont pour mission de faire parler le grand silencieux de l’Évangile.
Saint Joseph, selon les écrits de saint François de Sales, Chanoine P.-A. Lefèvre, Collection Veritatem Facientes in Caritate, 156 pages, 15 €.
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