SDAT : Chasseurs de terroristes

Publié le 07 Jan 2025
terroriste

Charlie Hebdo en 2015, début d’une décennie de terrorisme. © CC BY-SA 4.0, Thierry Cars, Jérémie Hartmann

Capture decran 2025 01 03 a 11.54.25 1 terroriste

Unité d’élite de la Police judiciaire, la Sous-Direction antiterroriste a pour mission de neutraliser les terroristes et d’empêcher les attentats. Nathalie Perez, grand reporter, vient de publier un livre enquête sur ces femmes et ces hommes de l’ombre et leur métier aussi dangereux qu’éprouvant. Elle nous décrit cette organisation qui garantit notre sécurité quotidienne.
Entretien avec Nathalie Perez, auteur de Sous-Direction antiterroriste.

 

| Vous l’avez constaté : l’ensemble de la société se radicalise. Comment la Sous-Direction antiterroriste (SDAT) l’explique-t-elle et le constate-t-elle ? Sur quelles affaires se penche-t-elle actuellement ?

Je parlerais plutôt d’une évolution de la radicalisation. La menace terroriste n’est plus la même aujourd’hui et s’est bien affaiblie. En France, après les attentats de grande ampleur de 2015, la SDAT s’est organisée autrement pour éradiquer ce type d’attaque et les prévenir. Les services de renseignement ont beaucoup travaillé en amont pour éviter que ce genre d’attentat ne se reproduise. Aujourd’hui, l’endoctrinement des jeunes pour les pousser à se faire sauter fonctionne beaucoup moins bien : il y a beaucoup moins de candidats. Le fait d’avoir vu la réalité a refroidi tout le monde. Il est plus difficile de faire rentrer des explosifs en France. Par conséquent, la menace s’est faite plus insidieuse. Les terroristes d’aujourd’hui sont des loups solitaires, de très jeunes gens qui se radicalisent via les réseaux sociaux, seuls chez eux. Ils n’ont plus besoin de passer les frontières. On l’a vu à Arras en 2023 : c’est un ancien élève qui s’est radicalisé pour revenir assassiner son professeur. Ce sont des attaques au couteau, comme à Annecy. Cette menace est plus compliquée à anticiper : les auteurs n’ont pas d’antécédents, leurs casiers judiciaires sont vierges, ils ne sont pas surveillés. On ne peut pas être derrière tout le monde. C’est le plus gros problème de la SDAT aujourd’hui.

| Vous rappelez que la SDAT n’est pas un service de renseignement mais un service de police judiciaire spécialisé dans l’antiterrorisme. Quelle est donc sa stratégie d’organisation ? Son travail est-il à la fois en amont et en aval d’un attentat ? 

En effet, la SDAT travaille en collaboration avec la DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure, ndlr), mais son rôle n’intervient qu’une fois l’attentat commis. La DGSI surveille les gens radicalisés : lorsqu’elle repère un jeune suspect, elle prévient la SDAT qui doit intervenir…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Marguerite Aubry

Marguerite Aubry

Ce contenu pourrait vous intéresser

Société

Commentaires sur Internet : une avancée démocratique ?

Dans un ouvrage récent, l'essayiste Mara Goyet offre le décryptage d'une tendance contemporaine : commenter les produits, services et toutes sortes d'expériences de la vie quotidienne. S'agit-il d'une nouvelle forme de communication, du désir d'aider les autres, d'une volonté de puissance ou d'une thérapie ?

+

commentaire
SociétéBioéthique

Transgenrisme (3/4) : Soigner à la française les mineurs tourmentés

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | Christian Flavigny, pédopsychiatre français, a vu venir de loin ce mouvement d’embrasement de la théorie du Genre et s’attache, depuis 2012, à en contrer les ravages chez les mineurs. La manifestation de ce qu’on appelle « dysphorie de Genre », chez l’enfant, est un tourment auquel la psychologie, telle qu’elle est pratiquée en France, peut et doit apporter son aide.

+

transgenrisme genre mineur
SociétéBioéthique

Transgenrisme (2/4) : Les autorités et le corps médical vont-ils enfin ouvrir les yeux ?

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | En France, le droit à l’auto-détermination de genre a fini par s'imposer, que ce soit dans le domaine médical ou juridique. Et la récente note de cadrage de la Haute Autorité de Santé ne laisse pas espérer une meilleure prise en charge des mineurs dits en « questionnement de genre », alors que de nouvelles études internationales prouvent scientifiquement le caractère inutile, voire nocif, des démarches « trans-affirmatives ».

+

transgenrisme médiale