Se salir les mains, à l’image du bienheureux José Gregorio Hernandes Cisneros

Publié le 20 Sep 2023
José Gregorio Hernandes Cisneros allocution pape

Monument en l'honneur de José Gregorio Hernandes Cisneros, Isnotu. © Eduardo Saavedra Altuve

Tout chrétien est appelé à se salir les mains pour promouvoir le bien, construire la paix et la justice dans la vérité. Comme toujours, lors de l’Audience générale du 13 septembre dernier, le Pape utilise des expressions osées, voire provocantes qu’il faut bien comprendre, sans les sortir de leur contexte et les utiliser pour une autre fin qui déformerait, même de bonne foi, la pensée du Pape. L’occasion de tels propos fut l’évocation, dans le cadre de la réflexion sur les témoins du zèle apostolique pour l’évangélisation, de la figure du médecin des pauvres, le bienheureux José Gregorio Hernandes Cisneros, Vénézuélien qui apprit la foi sur les genoux de sa mère, comme beaucoup dans les pays à majorité catholique de l’époque. En raison de sa foi tout imprégnée de charité, il se dépensa sans compter pour les pauvres, mettant à leur service tout son dévouement humain et professionnel. Se salir les mains n’était pas bien entendu pour lui affaire de pots-de-vin ou de magouilles, mais consistait à bien agir toujours et partout sous le regard de Dieu, avec une extrême charité, laquelle était son étoile polaire. Il fut, comme son confrère napolitain, le chirurgien saint Giuseppe Moscati, un vrai médecin qui cherchait d’abord et avant tout à soigner les malades, gratuitement s’il le fallait, et non pas pour gagner de l’argent, au détriment de la charité et de la justice.

En effet, notre bienheureux préféra toujours à la richesse de l’argent, celle de l’Évangile. Sa vie se dépensa pour soigner les exclus de tout bord dans les périphéries abandonnées, des pauvres aux migrants, des malades psychiques aux souffrants de toutes sortes, dans lesquels il voyait toujours Jésus, comme saint Martin ou saint Grégoire, saint Jean de Dieu et tant d’autres. Il ne chercha jamais le succès terrestre et humain, pratiquant toutes les béatitudes jusqu’à l’héroïsme, notamment celle des pauvres en esprit, des artisans de paix et des assoiffés de justice. Et il eut sa récompense au centuple, non en ce monde, mais dans l’autre : la récompense de la vie éternelle, attestée par l’Église qui le proclama bienheureux, mais aussi une récompense humaine venant de toutes les petites gens qui l’appelèrent le saint du peuple.

À la charité, il joignait toutes les autres vertus, à commencer par les deux autres vertus théologales. Nous avons déjà fait allusion à sa foi. Il faudrait parler aussi de son espérance. On l’appelait le missionnaire de l’espérance. Il faudrait aussi parler de son humilité, étant toujours devant les hommes ce qu’il était devant Dieu. En un mot sous l’influence de l’Esprit Saint, il était animé d’un feu intérieur qui le rendait toujours serviable et aimable envers tous. Cette ardeur pour le bien le poussa à entrer dans la vie religieuse, mais jamais il ne put persévérer, en raison de sa faible santé. Sa vocation était ailleurs. Il n’a jamais subi passivement choses et événements, mais il fit tout ce qu’il avait à faire pour la plus grande gloire de Dieu. Comme tous les saints, il agit toujours sous l’influence de la grâce divine à laquelle il collaborait en répondant, comme Marie, par un fiat sans condition à la volonté divine.

Bien sûr, il vivait de la messe et du Sacrifice du Christ. Il dit toujours son fiat aux Croix que le Seigneur lui présentait. Et, avec l’aide de Marie, il voulut offrir sa vie en sacrifice pour la paix et la fin de la guerre mondiale. Son offrande fut acceptée par Dieu et il mourut juste après le Traité de Versailles. En effet, un matin, après l’assistance à la messe, se rendant pour apporter des médicaments gratuitement aux pauvres malades, il fut renversé par une voiture et mourut peu après de ses blessures, en prononçant le nom de Marie.

 

 

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Un moine de Triors

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