La société et les familles (1/4) : La famille, un capital humain

Publié le 22 Jan 2025
famille société

La famille nombreuse doit être encouragée par une véritable politique familiale inscrite dans la durée et la stabilité. © Pixabay/Michelledeppephoto

> Dossier « Sans familles, pas de société ? » (n° 1824)
Cellule de base de la société, la famille est officiellement ignorée ou sous-estimée, ne comptant que comme consommatrice. Elle est pourtant le lieu où l’on prépare l’avenir, où se crée le « capital humain ». Rappel de sa vraie valeur dans le fonctionnement économique, auquel elle ne se réduit évidemment pas. Entretien avec Jean-Didier Lecaillon, auteur de La famille au cœur de l’économie.

 

| Pourquoi la famille doit-elle être remise au cœur de l’économie ?

La société est formée de trois ordres complémentaires, politique, marchand et communautaire. Or la famille est la grande oubliée des deux premiers. En parlant de ménage, les économistes ne considèrent que la consommation familiale, ignorant ainsi que les parents investissent pour l’avenir. Pourtant la baisse de la natalité est une réalité : le seuil de remplacement n’est plus assuré alors même que les couples n’ont pas le nombre d’enfants désiré. Mais il est plus fait aujourd’hui pour aider ceux qui veulent éviter une grossesse que pour faciliter celle-ci. Confronté à ces réalités, j’ai voulu répondre à deux objections. La première par des responsables politiques qui, me sollicitant à propos de la politique familiale qu’ils me disaient vouloir mener, finissaient par me dire que cela coûterait trop cher. Je leur réponds que la famille doit être conçue comme un investissement, et que ce qui importe en la matière c’est de gagner plus que ce que l’on dépense ! La seconde objection vient plutôt de personnes favorables à la famille pour des raisons philosophiques et/ou religieuses et qui trouvent que parler de la famille en économiste est réducteur. J’ai donc suivi la recommandation d’un pape, Jean-Paul II, qui demandait aux scientifiques de faire de la science, en tirant des enseignements de l’analyse économique, ma discipline, pour apprécier la pertinence de la famille telle qu’elle est explicitement et précisément définie dans la doctrine sociale de l’Église. En me référant aux trois ordres mentionnés au début de cet entretien, qui répondent chacun à des exigences différentes, je constate que la famille d’une part, l’économie d’autre part, sont à l’intersection des trois ; cette similitude très particulière ne peut pas ne pas avoir de conséquences.

| Quelle est cette définition et en quoi est-elle pertinente ?

Dans la doctrine sociale de l’Église, la famille…

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Marguerite Aubry

Marguerite Aubry

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