La société traditionnelle et ses ennemis

Publié le 25 Avr 2025

Général Tristany, carlistes de Gerona, par Augusto Ferrer-Dalmau. CC BY-SA 3.0

Récemment traduite en français, La Société traditionnelle et ses ennemis, du philosophe espagnol José Miguel Gambra, présente les principes de la philosophie politique traditionnelle et leur pertinence. Son éditeur français, Philippe de Lacvivier, en dit plus.

 

| Quelle est cette « société traditionnelle » dont parle Gambra ?

La société traditionnelle fait pendant à la société ouverte de Popper, dont nous constatons l’échec. Or la société traditionnelle dont parle l’auteur n’est pas une réaction mais bien une affirmation. Elle est un pléonasme, au sens où il s’agit de la société parfaite tout court, orientée vers le bien commun. La société traditionnelle est celle qui conserve un critère permanent de progrès afin de poursuivre sa fin. Il ne s’agit pas de ressusciter une société passée pétrifiée, mais de reprendre les principes sains de toute société vertueuse.

| Sur quels principes repose-t-elle ?

Comme les principes en présence appellent inéluctablement toutes leurs conséquences, la société traditionnelle n’accepte que les bons principes. Le principe par excellence est en réalité la fin : le bien commun. Le bien commun total suppose spirituel et temporel, ce dernier étant ennobli par sa contribution en faveur du premier. Pour y parvenir, le critère primordial est celui de la tradition de l’Église : tel est le socle d’unité qui fit la chrétienté et qui doit rassembler les nations. Gambra ajoute deux autres traditions érigées en principes : la monarchie, le fuérisme (les coutumes et traditions légitimes d’un peuple). Un autre principe consiste à conserver ce qui le mérite et à ne pas transmettre ce qui ne doit pas l’être. Enfin, il est essentiel de considérer que l’homme est naturellement social et que la société, pour répondre à cette donnée, se doit d’être organique. La loi naturelle, d’institution divine, est exigée par ces principes.

| Pour quelles raisons le libéralisme est-il à la racine du mal ?

Le libéralisme s’appuie sur une conception luciférienne de la liberté de l’homme : c’est le non serviam, où la volonté est tout. La liberté humaine n’a d’autre critère qu’elle-même, ce qui revient à dire qu’elle n’a aucun critère. De telles prémisses permettent toutes les élucubrations, et ont donné naissance à l’idéalisme et aux idéologies. Toutes les théories de la modernité politique sont nées de ce libéralisme sorti de la Réforme. La société organique n’y a plus droit de cité : cette liberté suppose toujours un contrat social.

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Stéphen Vallet

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