Soudan : la guerre sans fin vide l’église de son sang

Publié le 10 Avr 2024
Soudan

Beaucoup de chrétiens ont fui dans des camps de réfugiés où la survie est une bataille quotidienne. Camp de réfugiés soudanais au Tchad.

Depuis un an, la guerre des généraux fait rage dans un pays déjà très affaibli. La population est à l’agonie et la petite communauté chrétienne réduite à peau de chagrin. Article paru simultanément sur le site de l’AED.

« Je demande de nouveau aux belligérants d’arrêter cette guerre qui fait tant de mal aux gens, au futur du pays. Prions pour que l’on trouve vite des voies de paix pour construire l’avenir de ce cher Soudan », suppliait le pape François lors de l’Angelus du 18 février dernier. Depuis le 15 avril 2023, de violents combats opposent l’armée soudanaise commandée par l’actuel président de transition, le général Abdel Fattah al-Burhan et les Rapid Support Forces (RSF), un groupe paramilitaire dirigé par le vice-président Mohammed Hamdan Dagalo, alias Hemedti. Ces deux protagonistes avaient conjointement renversé le gouvernement de transition mis en place après l’éviction d’Omar el-Béchir en 2019.  

La « guerre des généraux »

Aussitôt ce dictateur déchu, les deux camarades de lutte se sont déchirés sur les sujets de l’intégration des RSF dans l’armée régulière et la répartition des richesses du pays. Le Soudan est en effet le troisième producteur d’or en Afrique et Hemedti possède plusieurs mines d’or dans le nord. Quant à son nouvel adversaire, il est associé à l’armée, qui possède un grand nombre de biens immobiliers et d’entreprises de toutes sortes. Elle se montre réticente à les céder à un gouvernement civil qu’elle ne contrôle pas. Aucun des belligérants ne cédant, l’avenir semble bouché. La « guerre des généraux » provoque la mort lente de la population soudanaise. Les derniers bilans officiels font état de plus de 13 900 morts et de 8,1 millions de personnes déplacées dont environ 1,8 million à l’extérieur du pays. La population meurt de faim et de soif alors que ce conflit est totalement oublié par une large partie de la communauté internationale. Quant à l’Église sur place, elle est réduite à peau de chagrin. Elle représentait avant la guerre 5 % de la population, mais elle était tolérée et pouvait gérer quelques hôpitaux et écoles – même si elle n’était pas autorisée à parler de sa foi. Après la chute d’Omar el-Béchir, certaines améliorations en termes de liberté religieuse avaient été observées tandis que la charia n’était plus la source de tous les droits. C’est à ce moment-là que l’AED a pu importer,…

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Amélie Berthelin (AED)

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