Stopper le génocide paysan en France

Publié le 29 Sep 2015
Stopper le génocide paysan en France L'Homme Nouveau

Plus de 600 agriculteurs se suicideraient par an, plus du double des statistiques officielles. Soit environ une personne tous les deux jours, l’équivalent de quatre Airbus (crashés) par an… Le 11 octobre devrait être une Journée nationale de soutien à leurs familles, selon la pétition d’un maraîcher breton appelant à un rassemblement au sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray.

Ancien opticien devenu maraîcher « bio » il y a huit ans, Jacques Jeffredo dédie la journée du 11 octobre aux familles ainsi détruites. « Parce que, dans les cas de suicides, les familles se sentent parfois responsables, et il est temps que la société leur demande pardon ». Ce fils d’agriculteur, 55 ans, pratique la vente directe autour de Camors, près de Vannes. Il explique : « Personnellement je ne suis pas touché, mais j’en connais, qui ne vivaient pas loin d’ici… J’ai le cœur levé par le nombre de suicides dans le milieu. »

Certains de ces suicides sont du reste déclarés comme accidents parce que des familles endettées n’ont pas d’autre solution pour que leur soient payées les assurances auxquelles elles n’ont pas droit en cas de suicide.

Une instruction inappropriée

C’est un système qu’il faut mettre en cause, résume Jeffredo : « Dans la formation des agriculteurs, on enseigne régulièrement qu’ils vont nourrir la planète, qu’ils vont sauver le commerce extérieur. D’ailleurs, on parle de produits d’exportations agricoles en équivalents Airbus… Je peste contre cette argumentation, car tout le monde sait qu’il ne s’agit en rien de nourrir la planète, mais seulement de fournir à moindre coût des matières premières pour alimenter un business florissant. L’enseignement agricole prépare à un fonctionnement idéal, pas à la réalité. D’où des déceptions, qui deviennent désarroi chez ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas s’acclimater. »

L’européo-mondialisme et la grande distribution acculent à la dépossession rurale et au génocide paysan au profit d’un reliquat français d’exploitations de plus en plus industrielles. On passe du très écologique Plateau limousin de Millevaches à l’industrielle stabulation picarde des mille vaches ! Un regroupement totalitaire de troupeaux et de fermes en un monstre artificiel sous le mobile de la rentabilité eurocratique, au risque de la pollution et de la pandémie. Pour les technocrates bruxellois, chaque pays, chaque région devrait avoir sa production bien définie,…

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