Témoigner du Christ sur internet, la mission de « Lights in the dark »

Publié le 07 Juin 2019
Témoigner du Christ sur internet, la mission de « Lights in the dark » L'Homme Nouveau

Depuis 2015, le mouvement d’évangélisation « Lights in the dark » (« lumières dans les ténèbres », Isaïe (9, 1))  se développe sur internet. À destination de tous ceux qui sont loin de l’Église, l’association diversifie les supports afin de toucher un maximum de personnes. Avec douze sites internets à leur actif, les membres de  « Lights in the dark » se rendent disponibles pour répondre à tous ceux qui se posent des questions. Forts de leur expérience, Christophe Marger (président de Lights in the Dark), Jean-Baptiste Maillard (1er permanent) et Jean-Philippe Pontoizeau (responsable du pôle live chat’) publient Evangéliser sur Internet, mode d’emploi aux Éditions des Béatitudes. Nous avons voulu faire un bilan avec Christophe Marger. 

Pouvez-vous rappeler ce qu’est « Lights in the dark » ? 

Lights in the Dark est une mission d’évangélisation sur Internet, tournée vers les internautes loin de l’Eglise. Sa spécificité : ouvrir de nouvelles « rues numériques » dans le continent numérique, y attirer les internautes en recherche ou simplement en questionnement, qu’ils soient athées, agnostiques, boudhistes, musulmans, etc., puis discuter avec eux en direct par un module de « live chat’ » (discussion instantanée) et leur annoncer la Bonne Nouvelle qu’ils sont aimés de Dieu. 

Quels sites d’évangélisation avez-vous lancés depuis les débuts de Lights in the Dark, en 2015 ? 

Huit nouveaux sites se sont ajoutés aux quatre premiers qui avait rejoint le giron de l’association à sa création : laresurrectionduchrist.com (2016), PieXIII.com (2017), lavieapreslamort.com (Toussaint 2017), MarieMadeleine.net (mars 2018, avec le sanctuaire de la Sainte Baume),  corpsfeminin.com (juillet 2018), LalumierdeNoel.com (Noël 2018 – avec une vidéo « Tintin et Noël » vue plus de 60 000 fois !), TouspourNotreDame.com (16 avril 2019), et enfin LinceulTurin.net (samedi saint 2019). Tous ces sites n’ont qu’un objectif : s’adresser à tous ceux qui cherchent un sens à leur vie pour leur témoigner du Christ.

Depuis la création de votre association, quel est votre bilan ?

Avec l’académie Sainte Faustine, une centaine de bénévoles terminent actuellement notre Mooc [massive open online course, d’après l’anglais, ou formation en ligne ouverte à tous ndlr] pour apprendre à évangéliser en direct et devenir e-missionnaire sur notre  « live chat’ ». Depuis 2017, nous avons eu des milliers de discussions par ce live chat’, pendant lesquelles nous avons simplement témoigné d’une rencontre personnelle avec Jésus. Ce sont des petits grains semés. Mais déjà, plusieurs internautes sont revenus à l’Eglise ou ont même demandé le baptême. C’est pour nous une grande source de joie que ces personnes qui cheminent désormais avec le Christ. Cela nous montre aussi, si jamais nous en étions pas assez convaincus, que l’évangélisation sur Internet est possible, que c’est un don de Dieu et qu’elle porte déjà de nombreux fruits, aussi bien pour les internautes évangélisés que pour nos e-missionnaires eux-mêmes. 

Pouvez-vous nous donner un exemple d’internaute qui a demandé le baptême ?

Oui, le 2 novembre dernier, pendant notre mission de Toussaint en ligne avec notre site « lavieapreslamort.com », Saadia se connecte et amorce une discussion avec l’un de nos e-missionnaires. S’en suit un échange de plus de 2 heures, pendant lequel, se sentant en confiance, elle nous livre sa vie. D’origine kabyle, elle a fui l’Algérie en 1994, à la suite de l’assassinat du président. Elle subissait déjà la guerre civile depuis 1989, les islamistes radicaux voulant alors prendre le pouvoir par les armes… Il y  a eu alors une confrontation directe avec l’armée causant des dizaines de milliers de morts, d’orphelins et de milliers d’exilés, comme elle. Elle en veut beaucoup à ceux qui l’ont traumatisée… « Je ne suis pas pratiquante, nous dit-elle, mais j’ai étudié le Coran, cela faisait partie du programme scolaire, et c’était pour vous faire peur, de l’enfer et de ce qu’on va subir si on vole ou ment, etc. ». Nous lui parlons de la miséricorde de Dieu, avec une vidéo sur le fils prodigue. Nous l’invitons à pardonner à ceux qui lui ont fait du mal. Nous lui donnons notre propre témoignage d’une rencontre avec Jésus. Elle se dit touchée et nous demande : « comment rencontrer Jésus, moi aussi ? ». Nous lui proposons une prière, qu’elle accepte de dire avec nous pendant 9 jours. A la suite de cette prière, elle nous demande elle-même « une autre prière de neuf jours » (nous ne lui avions pas encore parlé de neuvaine !). Elle finit par rencontrer un prêtre, qui lui propose le baptême. Elle accepte ! Désormais, nous écrit-elle « Je lis le Nouveau Testament et je me rends à la messe ou aux vêpres une fois par semaine ».

Comment gérez-vous la relation à distance que vous créez avec ceux qui viennent vous interroger ? 

Lorsque nous entrons en relation avec ces internautes qui veulent bien discuter en direct avec nous, nous essayons toujours d’en savoir plus sur eux, pour mieux les connaître : ils nous livrent alors qui ils sont : sur un internaute ‘lambda’ apparaît alors un prénom, un visage se dessine mystérieusement derrière l’écran, avec sa vie, son histoire, parfois des difficultés ou des souffrances à confier… La plupart du temps, lorsque nous leur proposons de leur composer une prière écrite spécialement pour eux, ils acceptent et nous donne leur e-mail. Une fois ce temps de prière commun (avec l’aide de notre monastère invisible Carlo Acutis !) et bien qu’à distance, la suite devient plus facile : nous leur proposons alors de rencontrer un catholique près chez eux. L’évangélisation sur Internet se prolonge donc dans la vie physique, avec une rencontre qui s’incarne. C’est ainsi qu’on devient chrétien ! 

Vous venez aussi de publier, avec Jean-Baptiste Maillard et Jean-Philippe Pontoizeau, un premier livre : Evangéliser sur Internet, mode d’emploi (Editions des Béatitudes). Dans quel but ?

Livre couverture finale

La joie de connaître le Christ est un trésor que tout catholique doit vouloir partager autour de lui. C’est ce que nous faisons, avec nos maigres moyens, sur Internet. De la même manière que nous voulons proposer la joie d’être chrétien à nos frères en humanité, nous voulons aussi transmettre  la joie de la mission à nos frères chrétiens. Celle-ci est pour nous revigorante, elle nous stimule, nous dérange parfois, nous oblige à penser autrement l’évangélisation par les médias, dans un objectif de rencontre personnelle pour l’annonce de l’Evangile. Avec les premiers fioretti de mission en ligne, cette mission nous donne beaucoup d’espérance : Dieu veut se communiquer au monde et utilise pour cela tous les moyens possibles avec les pauvres instruments que nous sommes ! Ajoutons que c’est une mission pour tous, pas uniquement pour les « geeks » [internautes très passionnés ndlr] ou les « pros » d’Internet ou de la communication. Dans ce « livre mode d’emploi », fruit de nos trois premières années de mission en ligne, vous retrouvez tout cela, avec des outils simples pour apprendre à parler de Dieu sur Internet, à la fois spirituels et concrets.

Quels sont vos besoins pour continuer à évangéliser sur Internet ? 

Nous avons de plus en plus de catholiques intéressés par notre mission par le « live chat’ » mais nous avons besoin aussi de contributeurs pour continuer d’alimenter et de faire vivre nos douze « sites-filets » tournés vers les personnes loin de l’Eglise, pour que ces derniers deviennent de plus en plus attrayants, beaux et mieux positionnés dans Google. Nous avons aussi quatre nouveaux projets à l’étude pour toucher de nouvelles catégories de population-cibles. Mais tout cela un coût : nous avons de nombreux frais et bénéficions d’un premier salarié qui coordonne l’ensemble de nos activités (sites & réseaux sociaux, formations, live chat’, etc.). Or ces dépenses ne peuvent bien sûr pas être imputées aux internautes : la Bonne Nouvelle du salut est gratuite et pour tous ! Nous vivons donc de dons à 100% et nous nous tournons vers les catholiques qui se sentent interpellés par l’urgence et l’intérêt de cette mission : nous comptons sur vous pour nous aider, sans oublier votre prière !

Pour aller plus loin : le site officiel de l’association, www.lightsinthedark.info

Evangéliser sur Internet, mode d’emploi aux Éditions des Béatitudes, 208 p., 14,50€
 

Ce contenu pourrait vous intéresser

A la uneSociétéPhilosophie

La tradition primordiale, de René Guénon à Julius Evola

L'Essentiel de Joël Hautebert | Les doctrines de René Guénon et Julius Evola, deux auteurs pourtant fondamentalement antichrétiens, bénéficient d’une image positive chez certains catholiques. À la faveur d’une confusion autour du mot "tradition", d’un refus commun de la modernité, de la séduction de l’ésotérisme ou d’une certaine vision de l’Histoire. 

+

tradition
A la uneSociété

Retour du loup : le défi des éleveurs français

Entretien | La réapparition du loup dans les forêts et montagnes françaises ces dernières années nécessite aujourd’hui une vigilance accrue des éleveurs, qui voient leurs troupeaux attaqués, leurs bêtes blessées, ou dévorées. À la fois éleveur de brebis et maire de sa commune, Olivier Maurin a publié un livre dans lequel il retrace l’histoire de la présence du loup en France. Il évoque aussi le décalage entre les écologistes et les ruraux qui, comme lui, en subissent aujourd’hui les conséquences. Entretien avec Olivier Maurin, auteur du Festin des loups.

+

loup
SociétéBioéthique

GPA et filiation (3/4) : La gestation pour autrui est-elle bien féministe ? 

Dossier « GPA : la filiation niée par un nouvel esclavagisme » (3/4) | À un moment de l’histoire humaine où les frontières biologiques sont bousculées par de nouvelles technologies et où la « dignité » est instrumentalisée pour s’affranchir des barrières morales, un philosophe revient sur la GPA et sur la dégradation qu’elle représente pour la mère, l’enfant et les « parents d’intention ».

+

gpa féminisme
SociétéBioéthique

GPA et filiation (2/4) : L’humanité de la maternité

Dossier « GPA : la filiation niée par un nouvel esclavagisme » (2/4) | On ne peut nier biologiquement le lien qui s’instaure entre la mère et le fœtus lors de la grossesse, point de départ indissociable de la maternité et de la vie d’un enfant. Dans le cadre d’un contrat de gestation pour autrui (GPA), la mère n’est plus que gestatrice, et l’enfant est brutalement soustrait à celle qu’il a appris à reconnaître durant les neuf mois.

+

gpa
SociétéFin de vie

L’euthanasie repoussée par la dissolution de l’Assemblée nationale  

Le 7 juin dernier, jour du Sacré-Cœur, l’Assemblé nationale a débattu sur le projet de loi de fin de vie. Cette proposition de loi est en arrêt temporaire dû à la dissolution de l’Assemblé nationale. Ce dimanche 9 juin, au soir du scrutin des élections européennes, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblé Nationale. Cette décision a entraîné l'arrêt immédiat de tous les travaux en cours au Palais Bourbon.  

+

euthanasie