Top 4 des régions à visiter pour leur patrimoine religieux

Publié le 07 Juil 2023
patrimoine

La chapelle Sainte-Barbe, au Faouët, dans le Morbihan

Quelles régions visiter pendant les vacances ? La France regorge de trésors d’architectures, façonnés par des siècles de foi et de labeur : que choisir alors de voir, d’explorer, pour faire grandir son regard en l’abreuvant de beau ? Comment profiter de l’été pour faire vivre sa foi d’une autre manière ? Voici une liste de quatre régions à visiter pour leur patrimoine religieux remarquable :

 

  1. La Provence :

 

L’île Saint-Honorat de Lérins, sublime joyau de la nature situé dans les eaux claires de la baie de Cannes, a la particularité étonnante d’avoir pour seuls bâtiments une abbaye, toujours en activité, un ancien monastère fortifié, et de petites chapelles.

En remontant le littoral vers Toulon se tient la petite chapelle Notre-Dame-du-Cap-Falcon, dans laquelle repose une statue de la Vierge. Cette statue a flotté alors qu’on voulait la couler lors de la guerre d’Algérie, et a donc été rapatriée en France. Aujourd’hui de nombreux Pieds-Noirs vont se recueillir auprès d’elle.

Non loin de là, près de la Ciotat, dans une petite grotte sous-marine, un plongeur a placé en 1989 une statue de la Notre-Dame pour la remercier d’avoir veillé sur lui, faisant de cet endroit la grotte de la Vierge, dans laquelle de nombreux plongeurs viennent chaque année prier.

De Toulon, ensuite, il est facile d’accéder au parc naturel régional de la Sainte Baume, dans lequel se trouve le célèbre ermitage de sainte Marie-Madeleine. La suite de cet itinéraire mène tout naturellement vers le monastère Saint-Benoît de Brignoles, dans lequel s’est installé une communauté internationale d’oblats de saint Benoît qui célèbrent la messe selon le rite de saint Pie V.

À quelques jours de marche de là, se dresse le sanctuaire de Cotignac, où le roi Louis XIII consacra la France à la Vierge Marie. Le patrimoine religieux de la Provence est si riche qu’il ne saurait être épuisé par une simple liste, mais citons encore les sublimes champs de lavande de l’abbaye de Sénanque, la vieille collégiale Saint-Paul d’Hyères, la chapelle d’Eygalières, qu’on croirait tellement sortie d’un roman qu’elle est la plus photographiée de Provence, la basilique Notre-Dame de la Garde à Marseille, ou bien encore la petite chapelle Saint-Michel, seul bâtiment de son village à ne pas être englouti dans les eaux du lac de Serre-Ponçon après la construction d’un barrage sur la Durance.

Si vous êtes cet été dans cette région, n’hésitez pas à prendre un peu de temps pour visiter au moins l’une de ces beautés que la foi, la nature et l’histoire ont ensemble façonnées.

 

  1. Rhône Alpes :

 

Dans les plateaux vallonnés de la Drôme de l’Isère et de la Savoie se nichent de nombreuses pépites architecturales. De nombreux sanctuaires mariaux dans cette région ont été construits : celui de Notre-Dame de la Salette, sur le lieu des apparitions de la Vierge à deux enfants des environs, le sanctuaire de Notre-Dame de Myans, miraculeusement préservé d’un éboulement, ou encore celui, moins connu, de Notre-Dame de l’Osier. Perdu dans le massif du même nom, l’illustre monastère de la Grande Chartreuse ne se visite pas, bien sûr, puisque les moines sont claustrés, mais un musée reconstitue leurs petites cellules et retrace l’histoire de cette communauté fondée par saint Bernard.

À Crémieu, il est possible de visiter l’ancien couvent des Augustins. L’abbaye Notre-Dame de Triors, fille de Fontgombault, accueille quant à elle des familles désireuses de se ressourcer spirituellement. Des religieuses bernardines se sont installées il y a peu dans la veille abbaye trappiste de Chambarand, à proximité de la sublime cité médiévale de Saint-Antoine-l’Abbaye, classée parmi les plus beaux villages de France mais hélas déserté par les moines. Sur un registre plus pittoresque, la petite chapelle des trois croix, aussi appelée Notre-Dame du mont Calvaire se perd dans les hauteurs du plateau de Sonnière.

 

 

  1. Le Morbihan :

 

Dispersés autour du golfe du Morbihan et de ses environs, de nombreux bâtiments, calvaires, et chapelles parsèment le paysage de la Bretagne du sud. La minuscule chapelle Saint-Joseph, à l’extrémité de l’île de Boëdic, est l’une de ces richesses inattendues ; sa présence sert de repère aux marins pour entrer dans le goulet de la rivière de Vannes.

Davantage dans les terres, à Kernascléden, l’église est un joyau du gothique flamboyant, parée de ses gargouilles, de sa dentelle de pierre et de ses peintures murales, dont l’une est un des derniers exemples de danse macabre conservé en Bretagne.

Au Faouët, non loin de là, il est impossible de passer à côté de la chapelle Sainte-Barbe, isolée dans un escarpement rocheux, auquel il est possible d’accéder par un magnifique escalier de granit. Dans ce même village se trouve aussi la chapelle Saint-Fiacre, célèbre pour son jubé polychrome.

Sur les rives du Blavet se tient la vieille chapelle Saint Gildas, imbriquée dans les roches d’une falaise avec laquelle elle semble vouloir se fondre ; cet édifice étonnant n’a, en outre, pas de clocher, mais contient une curieuse « pierre sonnante », qui faisait office de cloche. Le sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray, enfin, est bien entendu incontournable dans le Morbihan, et, près de lui, tous les trésors des lieux religieux du Pays d’Auray sont à découvrir lors de visites, randonnées pédestres ou cyclistes.

 

  1. Le Morvan :

 

La terre vallonnée du Morvan révèle elle aussi tant de lieux incroyables. Sur le vieil oppidum de l’ancien Bibracte, qui domine la campagne autour de Château-Chinon, un calvaire est placé, et trois croix ouvragées se dresse face aux ruines d’un château médiéval presque disparu. Au nord domine Vézelay, superbement établi sur la colline éternelle, au sommet d’un village où tout semble indiquer le chemin de la basilique. À l’est, l’abbaye de Fontenay se visite comme le plus ancien site cistercien conservé.

L’abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire doit son nom à un ancien empilement de pierres, sur lequel trône une statue de la Vierge Marie : la légende voulait que parfois la plus haute pierre de l’empilement tourne, d’où son nom de Pierre-qui-Vire. Au cœur de la cité médiévale de Semur-en-Auxois, les pierres anciennes côtoient les rives de l’Armançon qui entourent l’église collégiale.

Enfin, l’ancien prieuré bénédictin de Saint-Thibault, aujourd’hui église paroissiale, fondé en 1071, est l’un des témoignages du développement monastique de la Bourgogne du Moyen-Âge, sublime par son tympan, son retable de bois ou encore sa lumineuse voûte gothique.

 

La France regorge encore de tant de richesses, de croix et de calvaires, de chapelles et d’églises, des grandes cathédrales aux abbayes mythique… Des merveilles qu’il serait impossible de toutes lister, et qui demeurent souvent méconnues et cachées. Pourtant, puisque les vacances offrent les occasions, pourquoi ne pas prendre le temps de s’arrêter devant l’un ou l’autre de ces trésors du patrimoine religieux français ?

 

A lire également : Patrimoine religieux : peut-on tout se permettre pour rouvrir une église ?

Guillemette Gruet

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