Pour le 2ᵉ dimanche de carême, celui de la Transfiguration, le pape Léon XIV a prononcé une homélie sur la nécessité d’accepter le voyage vers un monde nouveau, dans la foi et l’espérance en Dieu.
Traditionnellement, le deuxième dimanche de carême est appelé le dimanche de la Transfiguration, en raison de l’Évangile qu’on y lit. C’est la version selon saint Matthieu que présente la forme extraordinaire ; celles des trois Synoptiques sont lues successivement selon la forme ordinaire. Mais cette année, il y avait correspondance.
Dans la forme ordinaire, la première lecture nous racontait la vocation d’Abraham et son départ de Chaldée. Avec Abraham, nous pouvons tous nous mettre en voyage, car la vie est un voyage qui exige une grande confiance dans la Parole de Dieu qui nous appelle et nous demande parfois de tout quitter.
On peut être tenté de fuir la précarité comme un vertige qui bouleverse, alors que c’est précisément à travers elle que l’on peut apprécier une promesse de grandeur inattendue. Souvent, nous nous essoufflons à vouloir avoir tout sous notre contrôle et manquons ainsi l’occasion de découvrir la perle précieuse, que Dieu a cachée dans notre champ.
Abraham commence son voyage en perdant tout son passé, pour aller dans une nouvelle terre où tout deviendra bénédiction. Nous aussi, en suivant le chemin de la foi, prenons des risques, sachant que c’est en perdant que nous trouverons une richesse que personne ne pourra nous voler.
Les Apôtres aussi eurent à se mettre en route vers Jérusalem, où Jésus devait accomplir son œuvre de salut, en donnant sa vie sur la Croix et en devenant ainsi pour tous une source de bénédictions. Mais ils ne purent suivre Jésus jusqu’au Golgotha. Tout dimanche est un arrêt sur le chemin qui conduit à Jérusalem. Jésus nous encourage, pour ne pas changer de direction.
Avant la Transfiguration, Jésus avait confié à ses disciples le point d’arrivée du voyage qu’ils étaient en train d’accomplir : sa passion, sa mort et sa résurrection. Pierre s’y était opposé et Jésus l’avait traité de Satan. Six jours plus tard, Jésus demanda à Pierre, Jacques et Jean de l’accompagner sur la montagne. Ils sont encore dans l’obscurité intérieure. Mais Jésus se montre transfiguré dans une lumière aveuglante. Dans cette vision glorieuse apparaissent à ses côtés Moïse et Élie.
Pierre devient le porte-parole de notre vieux monde voulant désespérément arrêter les choses pour les contrôler. Jésus dévoile le monde nouveau qui est le but de notre voyage. En plantant des tentes, Pierre voudrait arrêter ce voyage, qui au contraire doit continuer jusqu’à Jérusalem.
La voix qui émane de la nuée est celle du Père et elle résonne encore aujourd’hui pour nous : « Écoutez-le. » Le Pape se fait l’écho de cet appel. Écoutons Jésus qui voyage avec nous, pour nous enseigner la logique de l’amour inconditionnel. Écoutons-le pour devenir lumière du monde. Après la Transfiguration sur la montagne, le voyage de Jésus ne s’arrête pas. L’Église reçoit de cet Évangile une véritable mission. Face aux problèmes nombreux et complexes qui pèsent sur notre vie, le regard de foi transfigure tout dans l’espérance.
Nous devons tous être un signe d’espérance. La lumière de la Transfiguration déjà présente en nous doit tout transformer. Repoussons la tentation du découragement. Face au mystère du mal, nous devons témoigner de notre identité de chrétiens. Face à tout ce qui défigure l’homme et la vie, nous devons continuer à annoncer et à témoigner de l’Évangile, qui transfigure et donne la vie.
Que la très Sainte Vierge, mère de l’Église, nous accompagne toujours dans ce voyage et intercède pour nous.
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