Une référence : le DHGE

Publié le 31 Mar 2023

Mgr Baudrillart, recteur de l’Institut catholique de Paris, à l'initiative du DHGE.

À l’heure où le numérique est en passe de supplanter l’imprimé ou, du moins, s’impose, y compris pour le livre et les périodiques, comme un complément indispensable, le Dictionnaire d’Histoire et de Géographie ecclésiastiques(DHGE) peut sembler une survivance d’un monde en voie disparition. Le DHGE a commencé à paraître en 1909 aux éditions Letouzey, sous l’autorité de Mgr Baudrillart, recteur de l’Institut catholique de Paris. Il est publié depuis 2006 sous la direction de Luc Courtois, professeur à l’Université catholique de Louvain, et depuis 2015 sa publication est assurée par les éditions Brepols. Au rythme d’environ un fascicule par an, le DHGE reste en matière d’histoire de l’Église une source incomparable d’information. Le dernier fascicule paru, le 196e, compte 255 colonnes. La variété des sujets traités montre l’intérêt d’une telle publication. Le fascicule s’ouvre par l’entrée « Bonaventura Cerretti », qui fut nonce à Paris entre 1921 et 1926, et eut un rôle important dans les relations entre la IIIe République et le Saint-Siège. Il se termine par une très longue notice, en anglais, consacrée au « Sport » (col. 1236-1280). La notice, sans oublier les patronages et les associations sportives catholiques, s’attache principalement au regard des papes contemporains sur le sport et à leur enseignement sur le sujet. Elle montre notamment que « Pie X qui est habituellement présenté comme le grand opposant au modernisme et à tous les dangers de la société moderne, a cependant apporté un grand changement dans l’attitude de l’Église catholique de son temps envers la culture du corps et le sport ». On relèvera une autre très longue notice consacrée aux apparitions mariales, à l’entrée « Mariophanie » (col. 1123-1210). L’auteur de cette notice, Eddy Louchez, après avoir défini ce qu’est une apparition (la distinguant de la vision), présente à grands traits l’enseignement de l’Église sur la Vierge Marie, puis aborde de façon systématique la question des apparitions (typologie, critères de reconnaissance), avant de dresser un tableau historique des apparitions mariales de l’Antiquité chrétienne à nos jours. On apprendra beaucoup de choses dans cette notice (par exemple sur les fausses apparitions qui se sont développées en Belgique dans le sillage des apparitions authentiques à Banneux et à Beauraing), mais on pourra être en désaccord avec certains jugements de l’auteur (sur les faits de L’Île-Bouchard par exemple). On signalera encore d’autres notices intéressantes sur l’histoire de l’Institut biblique pontifical ou sur les rois de France qui ont porté le nom de Louis.   Dictionnaire d’Histoire…

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Yves Chiron

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