Vers un conclave d’étape ?

Publié le 22 Avr 2025
conclave

C’est un conclave d’étape que l’on souhaite actuellement, tant chez les progressistes que chez les conservateurs.

Le conclave devrait choisir entre plusieurs types possibles de continuateurs de François. La vraie question étant : quel espace de croissance son choix donnera-t-il à la liberté de l’Église ?

 

Au début de son pontificat, le pape François avait expliqué dans un entretien pour les revues jésuites du monde que Vatican II était une « manière de lire l’Évangile en l’actualisant », laquelle était « absolument irréversible ». Il a voulu appliquer cela de manière maximale : sur la morale du mariage (Amoris Laetitia), sur la liturgie (Traditionis Custodes), sur la constitution de l’Église (synodalité).

Les cardinaux électeurs atteignant le nombre impressionnant de 135, l’élu devra obtenir 90 voix. Le fait que près de 80 % des cardinaux électeurs aient été nommés par François ne veut pas nécessairement dire qu’il sera un pur continuateur. Déjà se manifeste une réaction contre le style de gouvernement bergoglien, son autoritarisme, son manque de lisibilité. Ceux qui veulent maintenir l’héritage ont donc à pratiquer le difficile exercice consistant à conserver le fond du précédent pontificat tout en rejetant sa forme.

Ce n’est pas pour eux le seul obstacle à surmonter. Pour convaincre – certains diront pour manipuler – les cardinaux qui arrivent à Rome venant des lointaines périphéries sans avoir d’idées très nettes sur le choix qu’ils vont faire, il faudra que les inspirateurs de l’aile progressiste s’entendent d’abord sur un nom.

Qui sont ces inspirateurs ? Les détenteurs du pouvoir institutionnel d’abord, à savoir le cardinal camerlingue, Kevin Farrell, qui règle les affaires courantes, de même que le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, qui est depuis longtemps en campagne, et Mgr Peña Parra, le substitut pour les Affaires générales (sorte de ministre de l’Intérieur). Mais il faut aussi compter avec un puissant groupe d’influence, dont nous parlerons plus bas.

Jean XXIV 
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Mgr Parolin, Secrétaire d’État du pape François, en 2018. © Saeima, CC BY-SA 2.0.

Pietro Parolin, 70 ans, secrétaire d’État, connu de ce fait de l’ensemble des membres du Sacré Collège, est un bergoglien institutionnel, si l’on peut dire, même s’il était peu aimé du pape Bergoglio. Ce réaliste cultive une réputation de « modéré » (il est resté par exemple très prudent à propos de Fiducia supplicans), renforcée par sa maîtrise de soi diplomatique. Il pourrait finir le processus bergoglien, c’est-à-dire le cimenter en l’assagissant.…

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Abbé Claude Barthe

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