Vers une Église sans prêtres ?

Publié le 16 Nov 2022
prêtres

Moins de prêtres, donc moins de sacrements, donc obligatoire disparition du modèle paroissial et sacramentel, remplacé par un humanitarisme censé se substituer au salut. Voilà l’avenir prôné par certains ecclésiastiques. À la vérité, ce raisonnement s’enferme dans un cercle vicieux et la « solution » proposée ne peut qu’accélérer la ruine.   Dans une tribune publiée dans La Vie (1), le père Stalla-Bourdillon, prêtre du diocèse de Paris, directeur du Service pastoral d’études politiques et professeur au Collège des Bernardins, annonce la fin d’un modèle d’Église, celui « d’une Église édifiée autour d’un clergé desservant des paroisses offrant comme chemin de sanctification la vie des sacrements  ». Il convient de comprendre les présupposés et les arguments qui soutiennent une telle thèse et d’envisager la pertinence du choix proposé. Car il y a ici une articulation assumée entre un constat (ordre théorique) et des décisions à prendre (ordre pratique). Le premier argument est qu’il « est acquis que ce modèle n’a plus d’avenir ». Et de rappeler la chute vertigineuse du nombre de prêtres qui rend dès lors obsolète le modèle traditionnel centré sur la paroisse et l’administration des sacrements. Le nombre de prêtres diminuant, le maintien du modèle antérieur crée une situation d’épuisement pour les prêtres en exercice. En effet, « toute l’architecture de la vie chrétienne a reposé sur la pratique des sacrements, communion et confession assurant le chemin de la sanctification des fidèles ». Puisque les sacrements sont administrés par les prêtres et que nous nous dirigeons vers une Église où les prêtres seront de plus en plus rares, la conséquence semble nécessaire : « Voici pourquoi ce dispositif déjà malmené va disparaître dans les années qui viennent. » Et de citer les statistiques censées corroborer ce pronostic qui remet en cause le modèle reliant la sanctification des fidèles et la fréquentation régulière des sacrements. Dès lors, le père Stalla-Bourdillon propose non pas simplement une réforme de l’organisation, déjà largement et vainement initiée, mais aussi d’« élargir la doctrine », c’est-à-dire de réfléchir à enseigner autre chose que ce modèle désormais impossible à honorer. « La sanctification par la charité, le service des pauvres, la liturgie familiale et l’étude de la Parole de Dieu vont dès lors trouver de nouvelles lettres de noblesse. La foi chrétienne s’exprimera dans le sacrement des frères et sœurs, dont l’humanité sauvée dans le Christ redevient le cœur du témoignage. » Et d’en conclure que la permanence de la foi chrétienne doit demeurer la…

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Thibaud Collin

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