350 ans des apparitions du Sacré Cœur (1/3) : 1673, Révélations pour des temps où l’amour se refroidira

Publié le 29 Nov 2023
marguerite-marie Sacré Cœur

Châsse de Marguerite-Marie Alacoque (Paray-le-Monial). © CC BY-SA 4.0, Majella 1851

Déjà ancien mais resté une dévotion privée, le culte du Sacré Cœur fut révélé au monde par les apparitions du Christ à une humble visitandine, Marguerite-Marie Alacoque à partir de 1673. Il avait inspiré bien des mystiques et pourtant la religieuse subit incrédulité et mépris. Dieu semblait en avoir réservé la diffusion pour un temps où la charité diminuerait.

  Il y a 350 ans, le 27 décembre 1673, au couvent de la Visitation de Paray-le-Monial, le Christ révélait son Sacré Cœur à Marguerite-Marie Alacoque. Cet événement eût dû être décisif si la France et l’Église n’avaient décidé de l’ignorer. Marguerite Alacoque, en religion Marguerite-Marie, est née à Verosvres-en-Brionnais le 22 juillet 1647, fête de la Madeleine, ce qui n’est pas neutre car qui, plus que la pécheresse repentie, a su mesurer la hauteur, la largeur, la profondeur de l’amour divin ? Son père, notaire du bourg, disparaît lorsqu’elle a 7 ans. Mme Alacoque tombe alors sous la coupe de sa belle-mère et sa belle-sœur qui s’installent au logis familial en maîtresses, s’acharnant sur la veuve et l’orpheline devenues leurs souffre-douleur. Si elle ressent péniblement les outrages infligés à sa mère, Marguerite endure ses propres peines avec une apparente indifférence, heureuse de ces occasions de se sacrifier.   

Une vie cachée

Personne dans son entourage ne devine alors la précoce vie mystique qui est la sienne. Juste avant la mort de son père, l’enfant s’est sentie poussée à prononcer un vœu de chasteté dont, si jeune, elle ne comprend pas entièrement la portée. Peu importe car elle sait qu’elle sera religieuse. Adolescente, elle couche sur une planche, porte un cilice, jeûne. Et voit le Christ sous les traits de l’Ecce Homo, qui la revendique pour son épouse. Elle y consent, choix incompréhensible pour les siens, qui, ignorant ses visions, tiennent à l’établir au mieux, l’obligent à une vie de bals et de fêtes à laquelle elle commence à prendre goût, oublieuse de ses engagements enfantins que le Christ, lui, a pris très au sérieux. Il le lui rappelle : « Je t’ai choisie pour mon épouse et nous nous sommes promis fidélité lorsque tu as fait vœu de chasteté. » Interloquée d’être l’objet d’un amour si exclusif, la jeune fille s’étonne que Dieu « puisse être jaloux de ce misérable cœur » et « ne se rebute pas de tant de défauts et d’infidélités…

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Anne Bernet

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