Léon XIII (4/5) : La stratégie de contournement

Publié le 27 Juin 2025
Léon XIII

Portrait du pape Léon XIII par Fabio Cipolla (1878).

DOSSIER : « Léon XIII pour comprendre l’Église d’aujourd’hui » 

 

Avant d’être élu pape, le futur Léon XIII a-t-il eu une expérience diplomatique ?

Non seulement, il a eu une expérience diplomatique, mais celle-ci a joué un rôle dans son élection. Ordonné prêtre en 1837, après avoir suivi les cours de l’Académie des Nobles ecclésiastiques, pépinière des ambassadeurs pontificaux auprès des gouvernements du monde, Joachim Vincent Pecci débuta comme légat au Bénévent, c’est-à-dire comme représentant du Pape et administrateur en son nom de cette portion des États pontificaux, avant de rejoindre Pérouse, en 1841, pour y occuper la même fonction. Il y resta deux ans puis se dirigea vers Bruxelles comme nonce auprès du gouvernement (libéral) du roi Léopold Ier (protestant, mais marié à la catholique Louise d’Orléans). À ce poste, il fut apprécié par le souverain et par les catholiques du pays dont il défendit les droits, notamment en ce qui concerne la liberté scolaire, enjeu crucial aussi bien pour l’Église que pour l’État. Il le fut beaucoup moins par le gouvernement, si bien que le Premier ministre demanda son rappel au pape Grégoire XVI. Après l’avoir nommé évêque du diocèse de Pérouse, Pie IX le crée cardinal en 1853 et l’appelle auprès de lui en 1877 pour exercer l’office de camerlingue, chargé de la gestion du patrimoine de l’Église et de l’organisation du conclave. À la mort de Pie IX, le cardinal Pecci va démontrer son talent diplomatique. Dans Rome, que l’Église considère comme occupée, et elle-même comme spoliée de ses droits et de ses biens, le conclave ne peut se tenir comme le voulait la coutume au palais du Quirinal, devenu demeure royale. Cette situation nouvelle oblige le cardinal camerlingue à beaucoup de doigté pour ne pas donner l’impression de trahir la ligne tenue par le pape défunt vis-à-vis de l’État italien, sans non plus créer de nouveaux troubles alors que les plus folles rumeurs circulent, dont celle qui prétend que le chef du gouvernement italien entend faire élire un antipape. Il apparaît, dès lors, « comme ce candidat souhaité par la grande majorité du Sacré Collège, qui saurait être “un pape ferme sur les principes, modéré dans leur application », selon le mot du cardinal Di Pietro.

Quelle fut la direction…

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Philippe Maxence

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