Noël : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire

Publié le 17 Déc 2025
noël
> Éditorial de Maitena Urbistondoy

 

Les crèches sont déjà bien installées dans nos églises et nos maisons et suscitent une impression de paix, de chaleur familiale et de continuité. Cette perception occulte pourtant la réalité de ce qu’elles représentent. La Nativité ne fut pas une scène confortable, mais un moment d’épreuve, de pauvreté et, à bien des égards, un véritable scandale.

Le scandale de la Croix est connu mais il nous fait souvent oublier celui de la Nativité. Le Fils de Dieu se présente comme un enfant, placé dans une mangeoire. Marie porte une grossesse virginale et Joseph, quelques semaines plus tard, doit fuir en Égypte pour sauver sa famille. La naissance du Sauveur survient dans la précarité et la menace. Elle renverse les attentes d’un peuple qui espérait un chef capable d’écraser les oppresseurs. Dieu vient pourtant comme un enfant. Une troupe céleste innombrable loua Dieu cette nuit-là et le Ciel se réjouit d’un événement que la Terre ne comprend pas :

« Dieu manifeste d’abord sa grandeur dans les formes les plus humbles. Le Fils de Dieu naît d’une Vierge et est déposé dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie. De ce que le monde juge insignifiant surgit pourtant le plus grand. » (cardinal R. Prevost – Léon XIV, homélie de Noël 2023)

Les oppositions à la crèche

Ce scandale perdure. Les oppositions récurrentes à la présence de crèches dans les bâtiments publics le montrent, et ceux qui refusent de reconnaître les droits de Dieu sur la société ont raison de percevoir un enjeu. La crèche ne constitue pas un élément folklorique et ne relève pas de la simple décoration hivernale. Elle marque un point de bascule dans l’histoire humaine. L’humanité se trouve condamnée ; le Verbe s’incarne et ouvre la voie du Salut. Le refus contemporain souligne, malgré lui, la portée exacte du mystère : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire et vient contester les prétentions absolues du pouvoir humain :

« Dieu est entré dans l’histoire de l’humanité et, comme homme, il est devenu son sujet, l’un des milliards, tout en étant Unique. Par l’Incarnation, Dieu a donné à la vie humaine la dimension qu’il voulait donner à l’homme dès son premier instant, et il l’a donnée d’une manière définitive, de la façon dont lui seul est capable, selon son amour éternel et sa miséricorde, avec toute la liberté divine ; il l’a donnée aussi avec cette munificence qui, devant le péché originel et toute l’histoire des péchés de l’humanité, devant les erreurs de l’intelligence, de la volonté et du cœur de l’homme, nous permet de répéter avec admiration les paroles de la liturgie : “Heureuse faute qui nous valut un tel et un si grand Rédempteur!” » (Jean-Paul II, Redemptor Hominis).

Une vérité essentielle

La Nativité enseigne cependant une vérité essentielle : Dieu n’a pas imposé sa venue. L’Incarnation passe par le fiat de Marie et par l’obéissance de Joseph. La Providence n’annule pas la liberté. Elle la sollicite. Elle s’appuie sur elle. L’attente d’un chef puissant laissait croire que la délivrance viendrait par une rupture spectaculaire. Dieu commence par le consentement silencieux des justes. Du pont Milvius à Tolbiac, d’Orléans à Lépante, la Providence veille, mais cela suppose toujours une action humaine. Dieu veut notre participation au combat.

« Le refus contemporain souligne, malgré lui, la portée exacte du mystère : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire et vient contester les prétentions absolues du pouvoir humain. »

La bataille pour la fin de vie reprendra dès janvier. Le gouvernement cherche à imposer une nouvelle étape dans l’effacement de la loi naturelle. Les municipales s’enclenchent ensuite. Les candidatures se multiplieront. Chacun voudrait apparaître comme l’homme providentiel de son quartier en pensant déjà aux échéances présidentielles. Le jeu politique produit son agitation habituelle. Il ne résoudra pas les questions essentielles.

Le temps de Noël peut offrir un autre cadre. Les fêtes liturgiques constituaient, en temps de chrétienté, une véritable trêve. Il s’agit donc de mettre à profit ces jours pour prier, pour se rendre disponible à la grâce, pour demander au Christ de régner d’abord dans nos cœurs. Ce travail intérieur conditionne l’efficacité de nos engagements futurs. La société ne changera pas sans conversion personnelle. Le combat politique ne portera pas de fruits durables sans fidélité spirituelle.

La Nativité rappelle que Dieu agit dans l’Histoire par des cœurs disponibles et des volontés droites. Il ne supprime ni la responsabilité ni l’effort. Il les éclaire et les ordonne.

La rédaction souhaite à ses lecteurs un saint et joyeux Noël. Nous vous remercions pour votre fidélité. Nous espérons que ce temps vous permettra d’accueillir la paix du Christ et de préparer, dans la prière, les combats des mois à venir.

 

>> à lire également : DOSSIER | Saint Charbel (1/5) : Un saint qui continue d’agir pour convertir les cœurs

 

Maitena Urbistondoy

Maitena Urbistondoy

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