Un président américain dont les moyens restent limités, sans troupes engagées au sol, des Iraniens prêts à une lutte à mort, des conséquences économiques du blocage du golfe Persique se révélant vite douloureuses, des suites politiques restant hasardeuses : l’issue du conflit en cours entre l’Iran, les États-Unis et Israël demeure très incertaine…
Le 28 février, les États-Unis et Israël lançaient une offensive conjointe contre l’Iran. Dans les buts de guerre déclarés, deux intentions majeures apparaissent : la volonté de neutraliser une possible menace nucléaire et balistique iranienne et le désir de faire tomber le régime. Si l’Iran ne pèse pas lourd face aux États-Unis, la position américaine souffre néanmoins de plusieurs faiblesses. D’abord, aucune solution politique n’est proposée par l’administration de Donald Trump pour remplacer le régime des ayatollahs. D’autre part, si les moyens aériens et maritimes américains mis en place sont énormes il apparaît que ni des forces terrestres, ni des unités amphibies ne sont prépositionnées en nombre quand elles sont indispensables pour faire chuter le régime. Enfin, pour les Américains, la guerre coûte cher : presque un milliard de dollars par jour.
Le chemin du pétrole
De plus, très vite, est apparue une autre difficulté dont nous avions évoqué le risque dans notre article du 24 janvier dernier. Sans oublier le gaz, le golfe Arabo-Persique est le lieu de passage d’au moins 20 % de la production mondiale de pétrole. Aussi, immobilisant le trafic maritime, la guerre a des effets sur le marché du pétrole et, bien sûr, sur les prix à la pompe. Le monde entier est concerné. Si, pour obtenir le soutien des Américains, Trump a dit l’augmentation de l’or noir « un tout petit prix à payer pour la paix des États-Unis et du monde », il n’est pas sûr que tant sa base électorale que le reste de la planète partagent le même point de vue. Si l’exécution de l’imam Ali Khamenei a suscité quelque espoir, le pari d’une chute rapide du régime par décapitation est déçu. L’Iran des ayatollahs fait preuve de résilience. Non seulement il encaisse les coups, mais il en renvoie.

Ali Khamenei, tué le 28 février, et son fils, Mojtaba Khamenei, nommé Guide suprême à sa suite. (AhmadKermani1979, CC BY-SA 4.0)







